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Vézelise

À Vézelise, un cœur de ville historique perd ses habitants pendant que le bâti se dégrade silencieusement, révélant l'urgence d'une opération de revitalisation coordonnée.

Cette étude pré-opérationnelle porte sur la mise en place d'une OPAH-RU (Opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain) intégrée à une opération de revitalisation du territoire (ORT) à Vézelise, commune du Pays du Saintois en Meurthe-et-Moselle. Elle croise diagnostic démographique, analyse du bâti, enquête auprès des habitants et simulations financières pour identifier les leviers d'action sur le centre-ville.

Une démographie fragilisée par un déficit d'attractivité

Le territoire du Saintois, et Vézelise en particulier, ne parvient plus à compenser ses départs par des arrivées extérieures : sur la période 2014-2020, le solde migratoire de Vézelise est négatif (-0,7 %) tout comme son solde naturel, une situation qui contraste avec des périodes antérieures plus favorables. Cette érosion démographique s'accompagne paradoxalement d'une hausse continue du nombre de ménages, portée par le desserrement des tailles de ménage (2,05 personnes par ménage à Vézelise), un phénomène qui accroît la demande de logements malgré la baisse de population.

Comparaison des soldes migratoire et naturel entre Vézelise, le Saintois et Ceintrey
Comparaison des soldes migratoire et naturel entre Vézelise, le Saintois et Ceintrey
Évolution de la population et du nombre de ménages à Vézelise et dans le Pays du Saintois depuis 1968
Évolution de la population et du nombre de ménages à Vézelise et dans le Pays du Saintois depuis 1968

Un marché immobilier dévalorisé et une vacance concentrée en centre-ville

Les valeurs de transaction révèlent un différentiel marqué entre le centre-ville (690 €/m²) et le hors centre-ville (1557 €/m²), signe d'une désaffection pour le bâti ancien central. Cette dévalorisation s'accompagne d'un taux de vacance élevé : 12,8 % des logements vacants depuis plus de 2 ans à l'échelle communale, avec une concentration de 18 % de vacance dans le centre-ville, dont 151 logements vacants au total et 60 logements vacants depuis plus de 5 ans, révélant une vacance structurelle difficile à résorber.

Carte des prix au m² des transactions dans le parc ancien
Carte des prix au m² des transactions dans le parc ancien
Part des logements vacants depuis plus de 2 ans dans les communes du Saintois
Part des logements vacants depuis plus de 2 ans dans les communes du Saintois
Localisation et intensité de la vacance structurelle en centre-ville
Localisation et intensité de la vacance structurelle en centre-ville

Un bâti dégradé et des copropriétés mal identifiées

Le relevé de dégradation du bâti montre que 22 % des immeubles du centre-ville sont dégradés ou très dégradés, soit 20 % des logements concernés, avec une concentration particulière sur les îlots Maix et Ognéville. Cette dégradation touche aussi bien des logements occupés par leurs propriétaires que des biens locatifs vacants, et s'accompagne d'un déficit de gouvernance : seules 2 copropriétés sur 18 sont immatriculées au registre national, ce qui complique le suivi et l'accompagnement de ces biens. Par ailleurs, la performance énergétique aggrave la situation : sur 33 DPE connus dans le centre-ville, 11 logements sont classés E, F ou G, soit un tiers des situations documentées.

Relevé de dégradation du bâti par îlot en centre-ville
Relevé de dégradation du bâti par îlot en centre-ville
Croisement des typologies d'immeubles dégradés avec leur statut d'occupation
Croisement des typologies d'immeubles dégradés avec leur statut d'occupation
Carte des copropriétés immatriculées ou non au registre
Carte des copropriétés immatriculées ou non au registre
Cartographie des DPE et de la dégradation du bâti en centre-ville
Cartographie des DPE et de la dégradation du bâti en centre-ville

Un cœur de ville aux usages contraints

L'analyse urbaine met en évidence un réseau de rues à sens unique et double sens organisé autour d'un cœur de ville accessible à pied en 5 minutes depuis les halles, concentrant commerces, services et équipements. Cependant, les conditions de circulation piétonne restent inégales, avec des rues sans trottoir ou à trottoir étroit sur plusieurs axes, et l'offre de stationnement apparaît limitée : seulement 181 places gratuites pour 339 logements occupés en centre-ville, contre 140 places pour 354 logements en dehors, ce qui questionne l'équilibre entre accessibilité et usages résidentiels.

Caractérisation des voies et localisation des services en centre-ville
Caractérisation des voies et localisation des services en centre-ville
Usages du cœur de ville selon la largeur des trottoirs
Usages du cœur de ville selon la largeur des trottoirs
Répartition de l'offre de stationnement gratuit en centre-ville
Répartition de l'offre de stationnement gratuit en centre-ville

Une population en attente d'accompagnement mais mal informée des aides

L'enquête auprès de 104 habitants révèle une connaissance très partielle des dispositifs d'amélioration de l'habitat : des aides comme Denormandie ou Climaxion sont inconnues de 58 et 59 répondants respectivement, alors que d'autres dispositifs plus généraux comme Ma Prime Rénov' ou l'Eco PTZ sont mieux identifiés. Les attentes des habitants portent principalement sur les logements familiaux, le locatif abordable et les logements de plain-pied, avec une priorité donnée à l'isolation des murs et à l'amélioration du système de chauffage. Si l'intérêt pour la rénovation énergétique est largement partagé (47 personnes convaincues pour le confort d'hiver), les freins financiers et informationnels restent importants : 19 répondants craignent le démarchage abusif, 17 ignorent l'éligibilité de leur projet et 17 ne savent pas à qui s'adresser.

Niveau de connaissance des dispositifs d'aide à la rénovation par les habitants
Niveau de connaissance des dispositifs d'aide à la rénovation par les habitants
Types de logements attendus et souhaits d'occupation future
Types de logements attendus et souhaits d'occupation future
Classement des 15 éléments du logement à améliorer en priorité
Classement des 15 éléments du logement à améliorer en priorité
Perceptions des habitants sur la performance énergétique
Perceptions des habitants sur la performance énergétique
Freins et motivations des propriétaires face aux aides financières
Freins et motivations des propriétaires face aux aides financières

Des gisements de rénovation identifiés et des aides à mobiliser

Le diagnostic quantifie précisément les gisements de rénovation : 77 logements en propriété occupante dans des immeubles médiocres ou dégradés (dont 21 dans des immeubles dégradés), et 101 logements locatifs ou vacants dans des immeubles médiocres ou dégradés chez les propriétaires bailleurs (dont 27 dans des immeubles dégradés). Les simulations financières montrent l'ampleur des aides mobilisables : pour une rénovation énergétique de propriétaires très modestes, l'ANAH peut financer jusqu'à 80 % du montant HT, ramenant le reste à charge à 8 250 € TTC, avec un objectif de réduction supplémentaire à 6 000 € TTC grâce aux aides locales. Pour les propriétaires bailleurs, l'effet levier des aides devient significatif à partir de 50 % de subvention, comme le montre l'exemple d'un T3 de 60 m² loué 315 €/mois, où le reste à charge passe de 35 000 € à 22 750 € TTC pour une rénovation classique.

Cartographie du gisement de rénovation chez les propriétaires occupants
Cartographie du gisement de rénovation chez les propriétaires occupants
Simulation des restes à charge pour les propriétaires occupants selon le type de travaux
Simulation des restes à charge pour les propriétaires occupants selon le type de travaux
Comparaison des loyers libres et conventionnés selon la surface du logement
Comparaison des loyers libres et conventionnés selon la surface du logement
Cartographie du gisement de rénovation chez les propriétaires bailleurs
Cartographie du gisement de rénovation chez les propriétaires bailleurs
Effet levier des aides pour les propriétaires bailleurs selon le type de travaux
Effet levier des aides pour les propriétaires bailleurs selon le type de travaux

Des priorités d'intervention pour la sortie de vacance et le renouvellement urbain

L'étude identifie des perspectives concrètes de sortie de vacance structurelle, avec une cartographie précise des immeubles dégradés ou médiocres à 100 % vacants. Trois îlots prioritaires sont désignés pour renforcer les fonctions commerciales de la centralité, totalisant 26 logements locatifs, 22 logements en propriété occupante et 32 logements vacants dans des immeubles dégradés, soit environ 15 % du parc du périmètre ORT-RU. Une campagne incitative de ravalement de façades est également envisagée sur trois périmètres potentiels, avec un objectif de 22 % de façades ravalées et une aide communale à hauteur de 25 % des travaux, afin d'accompagner l'amélioration du cadre de vie en parallèle des interventions sur le logement.

Cartographie des perspectives de sortie de vacance structurelle
Cartographie des perspectives de sortie de vacance structurelle
Localisation des trois îlots prioritaires et catégorisation des biens dégradés
Localisation des trois îlots prioritaires et catégorisation des biens dégradés
Analyse détaillée d'un îlot à fort enjeu patrimonial en entrée de bourg
Analyse détaillée d'un îlot à fort enjeu patrimonial en entrée de bourg
Périmètres potentiels pour une campagne incitative de ravalement de façades
Périmètres potentiels pour une campagne incitative de ravalement de façades