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Cinq ans après le lancement de l'OPAH-RR, le Ternois dresse le bilan de sa politique de l'habitat et prépare l'étape suivante pour ses centres-bourgs.
La Communauté de communes du Ternois Terre d'Avenir a confié une double mission portant sur l'évaluation de l'OPAH-RR et de la politique de l'habitat menée depuis 2019, ainsi que sur une étude pré-opérationnelle pour une future OPAH-RU ciblée sur les centres-villes des communes labellisées Petites Villes de Demain (Saint-Pol-sur-Ternoise, Frévent, Auxi-le-Château). L'objectif est de tirer les enseignements du dispositif écoulé pour orienter les outils opérationnels des prochaines années.
Sur les cinq années de l'opération, 411 dossiers ont été accordés sur les 482 visés après révision, soit un taux d'atteinte global de 85 %. Les propriétaires occupants affichent un résultat proche des objectifs (85 %), porté par le volet énergie et surtout par l'autonomie (117 %), tandis que les travaux lourds restent nettement en retrait (38 %). Les propriétaires bailleurs, bien que représentant une part modeste des dossiers (28 sur 411), dépassent leurs objectifs initiaux (97 %), ce qui traduit un intérêt allant au-delà des attentes de départ, même si l'effort financier des collectivités reste concentré à 89 % sur les propriétaires occupants. Le taux d'activation annuel du gisement de logements reste cependant limité : 0,74 %/an pour les propriétaires occupants et seulement 0,1 %/an pour les propriétaires bailleurs et logements vacants, ce qui interroge la capacité du dispositif à traiter l'ensemble du parc concerné.


L'enquête menée auprès des habitants du Ternois fin 2023 montre que plus de la moitié des propriétaires occupants répondants ont des travaux prévus à court ou long terme, et que les aides financières sont perçues comme indispensables ou nécessaires par une large majorité d'entre eux (74 % cumulés). Cette appétence pour les travaux ne se traduit toutefois pas de façon homogène sur le territoire : l'exemple de Frévent illustre une efficacité plus faible du dispositif dans les centres-bourgs, avec 26 projets subventionnés mais aucun dossier de travaux lourds, ni côté propriétaires occupants ni côté bailleurs. Ce constat rejoint l'un des enseignements clés de l'évaluation, à savoir une efficacité moindre du dispositif dans les centres-bourgs, notamment pour la création de locatifs abordables.


Le diagnostic mené à l'échelle des 103 communes de la Communauté de communes identifie huit fils rouges qui dessinent les grands enjeux du territoire : rénovation énergétique diffuse et plébiscitée, vieillissement généralisé de la population, inadéquation croissante entre petits ménages (60 %) et grands logements (81 %), besoin en logements locatifs en hausse malgré la décroissance démographique, vacance structurelle concentrée dans les centres des pôles principaux, potentiel de conventionnement en loyer intermédiaire, dégradation du bâti ancien dans les centres PVD, et perte d'attractivité des centres anciens malgré la demande de proximité aux services. Le besoin en logements par an a ainsi plus que doublé entre les périodes 2010 et 2021 (de 90 à 139 logements/an), sous l'effet conjugué de la baisse de la taille des ménages et de la hausse de la vacance, cette dernière passant de 7 % à 9,6 % du parc.


Les relevés de terrain confirment la fragilité des centres anciens : à Saint-Pol-sur-Ternoise, 83 logements (9 % du parc du centre-ville) se situent dans des immeubles visuellement dégradés, dont 8 vacants depuis plus de deux ans. À Frévent, la vacance atteint 20,5 % des logements en centre-ville contre 11,8 % hors centre, avec près de la moitié de ces logements vacants depuis plus de deux ans. Ces phénomènes de dégradation et de vacance coexistent avec une perte d'attractivité relative des centres, illustrée à Auxi-le-Château par un écart de prix marqué entre le centre-ville (652 €/m²) et le reste de la commune (1261 €/m²), alors même que les habitants expriment une demande de proximité aux services.



L'étude pré-opérationnelle recense des gisements de logements mobilisables pour trois usages complémentaires dans les centres-villes PVD : développement d'une offre locative qualitative, accession-rénovation pour les familles, et adaptation des logements au vieillissement. À Saint-Pol-sur-Ternoise, le périmètre étudié compte 1904 logements, dont 83 dans un immeuble dégradé, avec une majorité de locataires (50,3 %) et une vacance de 13,1 %. La comparaison des trois communes montre des situations contrastées : le gisement est jugé suffisant à Saint-Pol-sur-Ternoise (1904 logements) et à l'échelle multisites (3672 logements), mais insuffisant à Auxi-le-Château (706 logements) et à Frévent (1062 logements), ce qui oriente les choix de pilotage et d'abondement des aides selon les communes.

