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L'agence des villes vivantes
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Entre façades XVIIIe menaçant ruine à Bonifacio et immeubles vacants du cœur de Porto-Vecchio, la Communauté de Communes du Sud Corse a engagé un diagnostic fin pour préparer une OPAH Renouvellement Urbain sur ses deux centres anciens.
Cette étude pré-opérationnelle porte sur les centres-villes de Bonifacio et de Porto-Vecchio, en vue de la mise en place d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat - Renouvellement Urbain (OPAH RU). Elle croise données socio-économiques, analyse du parc bâti et relevés de terrain pour qualifier l'état des logements, identifier les ménages concernés et proposer une palette d'outils d'intervention adaptés à chaque commune.

À Bonifacio comme à Porto-Vecchio, plus de la moitié des ménages se situent sous les plafonds de ressources modestes de l'Anah (54% à Bonifacio, 52% à Porto-Vecchio), ce qui ouvre un potentiel important de mobilisation des aides à la rénovation. Cette réalité socio-économique se double d'une concentration spatiale de la pauvreté : dans le centre de Porto-Vecchio, le taux de pauvreté des ménages atteint fréquemment 20 à 25%, avec une proportion de logements vacants qui grimpe à 25% contre 13% à l'échelle de la commune, signe d'un parc locatif privé dégradé et sous-utilisé.


La production neuve reste modeste à Bonifacio, avec 43 logements par an entre 2014 et 2022, majoritairement en diffus (52%) et par la promotion (22%), la création dans l'ancien ne représentant qu'un logement par an. Parallèlement, les prix de vente des logements anciens à Porto-Vecchio révèlent un écart marqué entre le littoral, où les valeurs dépassent 7 595 €/m², le cœur de ville et l'arrière-pays, où les prix restent nettement plus bas, ce qui structure des dynamiques immobilières très différenciées selon les secteurs.


Dans le centre de Bonifacio, 23% des propriétaires occupants ont plus de 70 ans, contre 20% à l'échelle de la commune, traduisant un enjeu d'adaptation des logements au vieillissement. Ce constat démographique se conjugue à un état du bâti préoccupant dans le cœur de Porto-Vecchio, où le relevé de terrain identifie 10 immeubles en état de « quasi ruine », 37 « très dégradés » et 16 « dégradés », soit 63 immeubles nécessitant une intervention.


Les diagnostics établis pour Porto-Vecchio et Bonifacio structurent l'état des lieux autour de sept champs d'action communs : rénovation énergétique, adaptation au vieillissement, lutte contre l'habitat indigne, traitement des copropriétés, production de logements abordables, sobriété foncière et transformation du parc existant. Pour Porto-Vecchio, 92% des logements datent d'avant 1980 et 157 copropriétés sont recensées dans le périmètre, dont 64% non enregistrées au RNC 2023 ; à Bonifacio, ce sont 75% des logements construits avant 1980 et 177 copropriétés qui sont concernées, avec 3 650 aînés attendus d'ici 2030. Ces grilles croisent état des lieux, modes d'action mobilisables (aides aux travaux, ingénierie, accompagnement) et outils disponibles, dont l'OPAH-RU, le Pacte territorial, l'ORCOD-POPAC ou encore les dispositifs BIMBY et BUNTI.


L'analyse distingue trois ensembles d'immeubles dégradés selon les enjeux qu'ils posent : les procédures en cours (mise en sécurité), les situations de suspicion de mal logement nécessitant la protection des occupants, et les biens à l'abandon à valoriser. À Porto-Vecchio, cela représente 8 immeubles en procédure (31 logements), 22 immeubles en suspicion de mal logement (60 logements) et 26 immeubles à l'abandon (73 logements) ; à Bonifacio, les biens à l'abandon dominent avec 20 immeubles et 86 logements concernés. Cette typologie a ensuite été traduite en fiches d'intervention par catégorie, puis localisée précisément sur le terrain pour orienter les priorités de la future OPAH-RU.





Pour Bonifacio, un dispositif de soutien au ravalement de façades est proposé sur 40 façades, avec un taux d'aide incitatif de 40% les trois premières années puis obligatoire à 20% les années 4 et 5, pour un coût de travaux estimé à 80 000 € HT par façade. En parallèle, une réflexion plus large est engagée sur l'encadrement des locations saisonnières, avec une palette d'outils à cinq niveaux allant de l'obligation d'enregistrement à des options d'encadrement par type de propriétaire, par quartier ou par compensation, chacune présentant des conditions d'application et des risques juridiques différenciés.

