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SCoT

Le Schéma de Cohérence Territoriale est l’un des exercices de planification les plus exigeants pour un territoire : il engage l’avenir d’un grand espace de vie sur quinze à vingt ans, articule des politiques publiques très différentes et suppose de faire travailler ensemble des collectivités aux intérêts parfois divergents. Villes Vivantes accompagne les porteurs de SCoT, en élaboration, en révision comme en évaluation, avec deux convictions : un bon document de planification est d’abord le produit d’un processus collectif réussi, et d’une juste appréciation de la ressource foncière et de ses possibilités de mobilisation

Le SCoT : document cadre et dynamique collective

Qu’est-ce qu’un SCoT, et qu’attend-on d’une mission d’évaluation et ou de révision ?

Le SCoT est le document de planification stratégique qui fixe, à l’échelle d’un bassin de vie ou d’un grand territoire, les grandes orientations d’aménagement pour une quinzaine d’années. Il met en cohérence les politiques d’habitat, de mobilité, de développement économique et commercial, d’environnement et de paysage, de gestion de la ressource en eau et de maîtrise de la consommation d’espace. Sa structure est désormais bien identifiée : un projet d’aménagement stratégique (le PAS, anciennement PADD) qui porte l’ambition politique, et un document d’orientation et d’objectifs (DOO) qui en décline les règles opposables aux documents d’urbanisme locaux.

SCoT La Rochelle Aunis – Modélisation de l’accès aux emplois
Figure 1 SCoT La Rochelle Aunis – Modélisation de l’accès aux emplois

Le SCoT n’est pas un document figé. Le Code de l’urbanisme impose qu’au plus tard six ans après son approbation, l’établissement porteur procède à une analyse des résultats de son application – notamment en matière d’environnement, de transports et de déplacements, de maîtrise de la consommation de l’espace et d’implantations commerciales – puis délibère sur son maintien en vigueur ou sur sa révision. À défaut d’une telle délibération, le schéma devient caduc. L’évaluation n’est donc pas une formalité : elle conditionne la survie juridique du document.

Concrètement, une mission d’évaluation de SCoT consiste à mesurer l’écart entre les intentions du document et la réalité observée du territoire. Elle comporte généralement trois volets : l’analyse de l’évolution du contexte socio-économique depuis l’approbation, comparée à l’état zéro ; l’actualisation des indicateurs de suivi et l’appréciation du taux d’exécution des orientations ; et l’analyse, avec les personnes publiques associées, des effets réels du schéma. À ce diagnostic s’ajoute un volet prospectif : déterminer si, et dans quelle mesure, le SCoT doit évoluer pour rester compatible avec un cadre législatif qui n’a cessé de se renforcer (lois ALUR, ELAN, Climat et Résilience) et avec les documents-cadres supérieurs (SRADDET, SDAGE, SAGE). La mission peut enfin se prolonger par une assistance à maîtrise d’ouvrage : rédaction des projets de délibération, proposition de cahier des charges et documents de communication à destination des élus et du grand public.

SCoT Montagne Vignoble Ried – analyse des gisements fonciers - extrait
Figure 2 SCoT Montagne Vignoble Ried – analyse des gisements fonciers - extrait

Un travail technique indissociable d’un travail d’alignement

Parce qu’il se déploie à l’échelle d’un grand territoire, le SCoT ne peut jamais être réduit à sa dimension technique. La constitution d’un diagnostic partagé et la formulation de lignes directrices s’inscrivent obligatoirement dans un travail patient d’alignement entre des intercommunalités et des communes dont les perspectives sont, par nature, très différentes. Une ville-centre qui concentre emplois et équipements ne porte pas le même regard sur le développement qu’un bourg rural soucieux de maintenir son école, ou qu’une commune périurbaine tirée par l’attractivité d’une agglomération voisine. Le territoire du Pays du Ruffécois illustre bien cette diversité : un pôle d’emploi au nord, une logique périurbaine au sud, des franges fragilisées à l’est et à l’ouest – autant de réalités à concilier dans un même projet.

Ces différences ne sont pas des obstacles à contourner mais la matière même du projet de territoire. Le rôle du bureau d’études est de les rendre lisibles, de les mettre en dialogue et de faire émerger, à partir d’elles, une vision commune. Le point clé de cet alignement réside dans une prise de conscience partagée : le SCoT n’est pas un document de plus, mais le mètre étalon avec lequel viendront ensuite « s’emboîter » les documents d’urbanisme locaux. Les plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUi) et communaux (PLU) devront en respecter les principes, dans un rapport de compatibilité qui engage directement les capacités de construire, les zones à urbaniser ou à protéger, et les règles applicables à chaque parcelle.

C’est cette chaîne de cohérence qui donne tout son poids à l’exercice. Lorsqu’une commune mesure que les orientations débattues à l’échelle du SCoT se traduiront, demain, dans le zonage de son propre PLU, le travail d’élaboration cesse d’être abstrait. L’enjeu, pour Villes Vivantes, est donc d’organiser très en amont cette prise de conscience, afin que les arbitrages stratégiques soient compris, partagés et portés collectivement, plutôt que subis au moment de la déclinaison locale.

Les méthodes déployées pour élaborer ou réviser un SCoT

La méthode de repose sur quatre piliers complémentaires, avec des ajustements en fonction de la perspective particulière souhaitée par le SCoT Maître d’ouvrage. Les trois premiers constituent la production technique attendue de tout exercice de planification ; le quatrième – le processus d’acculturation collective – en conditionne la réussite et traverse l’ensemble de la démarche.

Le partage d’un diagnostic et de grands enjeux

Tout commence par un diagnostic robuste et partagé. À partir d’un recueil organisé dès le lancement (données INSEE, fichiers fonciers, DVF, données bâtimentaires, données environnementales et réglementaires), nous consolidons une lecture quantitative et qualitative des dynamiques à l’œuvre : démographie, logement, vacance, emploi, consommation d’espace, ressources naturelles et risques. Ces éléments sont regroupés dans un SIG d’étude interfaçable avec celui de la collectivité, et mis en correspondance avec les indicateurs de suivi du schéma. L’objectif n’est pas l’exhaustivité statistique pour elle-même, mais la mise en évidence des enjeux qui appellent une réponse de planification.

SCoT Montagne Vignoble Ried - Analyse de la production de logements
Figure 3 SCoT Montagne Vignoble Ried - Analyse de la production de logements

Le partage d’une lecture de l’armature territoriale

Le SCoT organise l’espace autour d’une armature de pôles hiérarchisés – pôle principal, pôles secondaires, pôles intermédiaires, pôles de proximité, bourgs relais – qui structurent les bassins de vie et répartissent emplois, services et commerces. Lire et faire partager cette armature est une étape décisive : elle fonde la répartition future du développement résidentiel et économique, et donc la répartition des capacités à construire entre les communes. C’est souvent autour de cette lecture que se cristallisent les débats les plus sensibles, car elle touche directement à l’équilibre entre les territoires.

Saint-Quentin-en-Yvelines – travail avancé sur l’armature territoriale - Identification des centralités à partir de 5 catégories d’équipements et de services de la base permanente des équipements. Ces éléments localisés à la parcelle ont été agrégés dans un principe de continuité de 50 mètres. Ces micros périmètres ont permis de relever 103 micro-secteurs contenant plus de 10 éléments de commerces/services sur lesquels l’équipe de Villes Vivantes a calculé des isochrones de 5 minutes de marche.
Figure 4 Saint-Quentin-en-Yvelines – travail avancé sur l’armature territoriale - Identification des centralités à partir de 5 catégories d’équipements et de services de la base permanente des équipements. Ces éléments localisés à la parcelle ont été agrégés dans un principe de continuité de 50 mètres. Ces micros périmètres ont permis de relever 103 micro-secteurs contenant plus de 10 éléments de commerces/services sur lesquels l’équipe de Villes Vivantes a calculé des isochrones de 5 minutes de marche.

L’élaboration des orientations

Le diagnostic et l’armature débouchent sur la formulation d’orientations claires, hiérarchisées et opposables, depuis l’ambition stratégique du projet jusqu’aux objectifs chiffrés du DOO. Villes Vivantes attache une importance particulière à la qualité opérationnelle de ces orientations : elles doivent être suffisamment précises pour être effectivement reprises dans les PLU et PLUi, et suffisamment réalistes pour être tenables au regard des moyens du territoire. La maîtrise de la consommation d’espace, devenue centrale avec la loi Climat et Résilience, n’exclut jamais la production d’une offre de logements, de locaux d’activités et d’équipements adaptée aux besoins des habitants actuels et futurs : tout l’art consiste à concilier sobriété foncière et réponse aux besoins.

Exemple de support pédagogique en préalable à la détermination d’orientations
Figure 5 Exemple de support pédagogique en préalable à la détermination d’orientations

Avant tout, un processus d’acculturation collective et itératif

Aucun de ces livrables techniques ne produit ses effets s’il n’est pas approprié par les acteurs. C’est pourquoi la démarche est conçue, avant tout, comme un processus d’acculturation collective et itératif. Les cahiers des charges l’expriment, en général, très clairement : la méthode doit être pragmatique, pédagogique, et rythmée par des temps de partage et de validation. L’organisation repose ainsi sur une alternance entre production technique et temps de concertation – séminaires d’élus, ateliers des personnes publiques associées, échanges avec les services de l’État – chaque étape étant validée en comité technique puis en comité de pilotage avant de passer à la suivante.

Elaboration itérative de principe de hiérarchisation des secteurs à intensifier (travail à l’échelle du SCoT et à l’échelle de chaque commune)
Figure 6 Elaboration itérative de principe de hiérarchisation des secteurs à intensifier (travail à l’échelle du SCoT et à l’échelle de chaque commune)

Cette logique itérative permet de préparer les arbitrages le plus en amont possible, plutôt que de les découvrir au moment de la délibération finale. Elle suppose une capacité à vulgariser : rendre le complexe abordable, traduire les acronymes et les approches techniques en représentations lisibles, cartographier à la parcelle, produire des documents « droit au but » et des synthèses de quelques pages. C’est à cette condition que les élus s’approprient le projet et que le SCoT devient réellement le document partagé d’un territoire, et non l’œuvre d’un bureau d’études.

Les approches spécifiques de Villes Vivantes

Villes Vivantes intervient aussi bien dans le cadre d’élaborations et de révisions complètes de SCoT que pour des missions spécifiques engagées par des SCoT : évaluation de schéma six ans après approbation, études de trajectoire foncière, analyse des consommations d’espace, diagnostics sur le marché immobilier. Cette double position – partenaire de la planification et opérateur de terrain – nourrit une approche singulière, ancrée dans l’opérationnel.

Les SCoT, maîtres d’ouvrage et partenaires de Villes Vivantes

Villes Vivantes œuvre de longue date aux côtés des SCoT, dans un partenariat que l’on peut qualifier de « naturel » tant il relève de préoccupations communes : l’aménagement économe de l’espace et la sobriété foncière. Dans le cadre d’études et d’expérimentations sur la densification douce, Villes Vivantes opère ou a opéré avec :

  • le SCoT du Vignoble Nantais ;
  • le SCoT du Grand Nevers ;
  • le SCoT des Vosges Centrales ;
  • le SCoT Montagne – Vignoble & Ried ;
  • le SCoT La Rochelle Aunis.

Ce compagnonnage avec les SCoT dans la conduite de projets expérimentaux ouvre des fenêtres concrètes sur les enjeux propres à cette échelle. Il habitue surtout nos équipes à travailler avec un triple interlocuteur – le SCoT, les EPCI et les communes – dont l’articulation est précisément au cœur de la réussite de tout exercice de planification.

SCoT des Vosges Centrales – échanges avec les élus communaux – visite de sites
Figure 7 SCoT des Vosges Centrales – échanges avec les élus communaux – visite de sites

Des enjeux de SCoT connectés à ceux des PLU et des PLUi

La force d’une orientation de SCoT se mesure à sa capacité à être effectivement répercutée dans les documents locaux d’urbanisme. Engagée dans l’élaboration de PLU et de PLUi (ex Agglomération Côte Basque–Adour, Communauté d’Agglomération de La Rochelle, Agglopolys, Périgueux, Bouloc, parmi d’autres) l’équipe de Villes Vivantes prend pleinement la mesure de cet enjeu de « traductibilité ». Connaître les contraintes et les leviers du document local, c’est savoir formuler, à l’échelle du SCoT, des orientations qui pourront réellement être mises en œuvre dans les zonages, les règlements et les orientations d’aménagement et de programmation. Cette maîtrise des deux échelles évite l’écueil classique d’un schéma ambitieux mais inapplicable.

Le foncier et les trajectoires foncières, cœur de métier

La question foncière est de plus en plus présente dans les SCoT, sous l’effet conjugué de la loi Climat et Résilience et de l’objectif de « zéro artificialisation nette ». La définition des trajectoires de sobriété foncière est désormais au centre des réflexions engagées par les territoires : combien d’hectares ont été consommés, par quels déterminants (habitat, activité, infrastructures), et selon quelle trajectoire de réduction à venir ?

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Ce sujet est précisément le cœur de métier de Villes Vivantes. Les équipes abordent toutes les facettes de la sobriété foncière : analyse des consommations d’espace à la parcelle à partir des fichiers fonciers, études de gisements pour des EPF et des collectivités, révélation des fonciers « invisibles », et surtout modélisation de leur activation effective. Car l’enjeu, au-delà du recensement des gisements, réside dans la jonction entre ces fonciers et les modèles économiques de production susceptibles de s’y déployer. Cette analyse fine des filières de production du logement – du diffus à la grande promotion, en passant par la création dans l’ancien et la résorption de la vacance – permet d’éclairer une programmation réaliste, qui ne se contente pas d’afficher des objectifs de densité mais vérifie leur faisabilité sur le territoire.

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Des méthodes participatives avancées avec les élus

La réussite d’un SCoT se joue dans la qualité du dialogue avec les élus. Villes Vivantes a développé des méthodes participatives avancées et, surtout, une capacité à mobiliser des techniques d’animation et de pilotage très variables, afin de s’adapter à la culture locale propre à chaque SCoT. Séminaires d’élus, ateliers de partenaires, enquêtes préalables, restitutions pédagogiques appuyées sur la cartographie et, le cas échéant, sur des supports vidéo de vulgarisation : la palette d’outils est mobilisée à la carte, en fonction de la maturité du territoire et des habitudes de travail de ses élus.

Villes Vivantes – Animation d’un atelier d’élus
Figure 8 Villes Vivantes – Animation d’un atelier d’élus

Cette adaptabilité est essentielle. Un territoire rural aux moyens contraints n’appelle pas les mêmes modalités d’animation qu’une grande agglomération ; un SCoT en révision, déjà rompu à l’exercice, ne se pilote pas comme un territoire qui découvre la planification stratégique. En plaçant l’acculturation collective au cœur de la démarche et en ajustant ses outils à chaque contexte, Villes Vivantes fait du processus participatif non pas un supplément, mais le moteur même de la construction d’un projet de territoire partagé et durable.

SCoT La Rochelle Aunis – émissions de GES par individu
Figure 9 SCoT La Rochelle Aunis – émissions de GES par individu