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Saint-Dizier

À Saint-Dizier, 600 habitants quittent chaque année la ville pour s'installer ailleurs dans l'agglomération, en quête d'une maison — un signal qui a guidé toute l'étude pré-opérationnelle du cœur de ville.

Cette étude pré-opérationnelle d'OPAH-Renouvellement Urbain porte sur le cœur de ville de Saint-Dizier. Elle croise des constats démographiques, un diagnostic fin du bâti et de la vacance, puis des scénarios opérationnels destinés à nourrir le projet Cœur de Ville.

Un desserrement résidentiel vers la maison individuelle

Le constat de départ est celui d'une fuite démographique de proximité : chaque année, 1 000 habitants quittent l'agglomération et l'aire urbaine, tandis que 600 autres restent à l'intérieur de ce même périmètre mais quittent Saint-Dizier. Parmi ces derniers, 400 sont des familles (65 %) et 425 s'installent dans une maison (70 %), ce qui indique une recherche d'habitat individuel que le centre-ville peine aujourd'hui à offrir. L'enjeu identifié est donc de retrouver les atouts de l'individuel dans des configurations propres au cœur de ville.

600 habitants quittent chaque année Saint-Dizier pour l'agglomération, majoritairement vers une maison
600 habitants quittent chaque année Saint-Dizier pour l'agglomération, majoritairement vers une maison

Le vieillissement de la population et ses conséquences sur le parc

La structure par âge de la population évolue nettement : les jeunes sont stables, les familles (30-60 ans) diminuent, tandis que les plus de 60 ans augmentent très rapidement (+2,5 %/an pour les 60-75 ans). Cette dynamique interroge directement l'adaptation du parc de logements, puisque 60 % des appartements du cœur de ville (1 850 logements) sont sans ascenseur, et que 400 grandes maisons occupées par des personnes de plus de 65 ans représentent 20 % du stock de l'ORT. L'enjeu consiste à adapter et reconfigurer logements et immeubles, sans se limiter aux seuls publics éligibles aux aides Anah.

Évolution par tranche d'âge : familles en baisse, personnes âgées en forte hausse
Évolution par tranche d'âge : familles en baisse, personnes âgées en forte hausse
Répartition des appartements avec et sans ascenseur dans le cœur de ville
Répartition des appartements avec et sans ascenseur dans le cœur de ville
400 grandes maisons occupées par des personnes de plus de 65 ans
400 grandes maisons occupées par des personnes de plus de 65 ans

Une dégradation du bâti concentrée et corrélée à la pauvreté

15 % des logements se trouvent dans des immeubles visuellement dégradés, avec 680 logements en bâti dégradé et 40 en bâti très dégradé, contre une majorité en bon état ou médiocre. Cette dégradation n'est pas répartie au hasard : les secteurs les plus abîmés coïncident avec les niveaux de vie les plus faibles, les ménages pauvres du cœur de ville habitant précisément là où se concentrent les logements locatifs les plus dégradés. Le poids du loyer accentue cette fragilité : il atteint 50 % des revenus pour les familles monoparentales avec un enfant et 30 % pour les célibataires, contre des situations plus soutenables pour les couples avec ou sans enfants.

Répartition du bâti selon son état, du neuf au très dégradé
Répartition du bâti selon son état, du neuf au très dégradé
Superposition des secteurs dégradés et de la présence de ménages pauvres
Superposition des secteurs dégradés et de la présence de ménages pauvres
Part des revenus consacrée au loyer selon la composition des ménages
Part des revenus consacrée au loyer selon la composition des ménages

Un marché immobilier au ticket d'entrée accessible

Face à ce constat de dégradation, l'étude souligne un potentiel : les prix de vente restent contenus selon la taille des logements, de 30 K€ pour un studio ou T2 à 125 K€ pour un T5 et plus. Ce niveau de prix, associé à l'ampleur du bâti à rénover, ouvre une marge de manœuvre pour des opérations de réhabilitation à coût maîtrisé, condition nécessaire pour attirer à la fois propriétaires occupants et accédants.

Prix de vente selon la taille des logements, du studio au T5 et plus
Prix de vente selon la taille des logements, du studio au T5 et plus

Une vacance importante concentrée dans le quartier de la Noue

15 % des logements du périmètre ORT sont vacants, une vacance qui se concentre fortement dans le quartier de la Noue, y compris sous forme d'immeubles totalement vacants. Cette vacance se décompose en 7 % de vacance structurelle (370 logements, plus de deux ans) et 12 % de vacance conjoncturelle (640 logements, un an), et elle atteint 35 % dans les logements situés sur une parcelle accueillant un commerce. La typologie fine des logements vacants par forme urbaine (ville historique, faubourgs, maisons ouvrières, résidences, etc.) permet de cibler les leviers : miser sur le locatif conventionné et sur les accédants pour résorber la vacance, tout en traitant la dégradation et en reconfigurant les logements vacants les plus problématiques.

Taux de vacance par unité foncière dans le périmètre ORT
Taux de vacance par unité foncière dans le périmètre ORT
Concentration de la vacance dans le quartier de la Noue
Concentration de la vacance dans le quartier de la Noue
Vacance structurelle et conjoncturelle, avec localisation des commerces
Vacance structurelle et conjoncturelle, avec localisation des commerces
Répartition des logements vacants selon la typologie de forme urbaine
Répartition des logements vacants selon la typologie de forme urbaine

Un patrimoine bâti à révéler et des scénarios opérationnels

Le diagnostic met en évidence un patrimoine architectural spécifique, notamment les maisons à pan de bois réparties entre rues Gambetta, Mougeot, des Écuyers ou Giros, classées selon leur état (bon état, à rénover, à révéler). À partir de ces constats, plusieurs scénarios opérationnels ont été élaborés à l'échelle de parcelles concrètes : découpage en lots à bâtir, réhabilitation de maisons dégradées et de garages inutilisés, réaménagement de cours intérieures, ou encore transformation de toitures en terrasses accessibles et ravalement de façades pour redonner de l'attractivité aux commerces et logements. Ces scénarios illustrent la diversité des interventions possibles, du renouvellement urbain ponctuel à la valorisation patrimoniale, dans une ville qui compte au total une vingtaine de cadres de vie différents.

Localisation des maisons à pan de bois selon leur état de conservation
Localisation des maisons à pan de bois selon leur état de conservation
Scénario de découpage parcellaire en lots à bâtir de tailles variées
Scénario de découpage parcellaire en lots à bâtir de tailles variées
Repérage de terrains et bâtis dégradés à mobiliser pour un projet
Repérage de terrains et bâtis dégradés à mobiliser pour un projet
État existant d'un îlot avec maisons dégradées et garages inutilisés
État existant d'un îlot avec maisons dégradées et garages inutilisés
Scénario projeté de vente et rénovation d'une maison de ville pour une famille
Scénario projeté de vente et rénovation d'une maison de ville pour une famille
Scénario de terrasse accessible en remplacement d'une toiture, R+2
Scénario de terrasse accessible en remplacement d'une toiture, R+2
Scénario de ravalement de façade et démolition partielle pour créer une terrasse
Scénario de ravalement de façade et démolition partielle pour créer une terrasse
Une ville composée d'une vingtaine de cadres de vie distincts
Une ville composée d'une vingtaine de cadres de vie distincts