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Revel

À Revel, la bastide historique ne capte que 11 % de la production de logements de son agglomération, alors qu'elle concentre l'essentiel de la vacance et du bâti dégradé.

Cette étude stratégique d'intervention « Cœur de ville Revel », valant étude pré-opérationnelle de renouvellement urbain, porte sur la bastide de Revel et son centre aggloméré, au sein de la Communauté de communes Lauragais Revel Sorézois. Elle croise données cadastrales, terrain et projections urbaines pour caractériser les dynamiques du parc de logements et des commerces, et identifier les leviers d'un renouvellement du centre historique.

Une production de logements qui contourne la bastide

Le développement résidentiel de Revel s'est massivement porté hors du centre ancien : sur la période 2011-2018, la bastide n'a produit que 7 logements par an contre 70 pour le reste de la commune et 60 pour le reste de l'agglomération, soit à peine 11 % de la production totale de l'agglomération. Cette production périphérique repose presque exclusivement sur la maison individuelle, avec 420 maisons créées en dehors de la zone UA contre seulement 50 appartements créés dans la zone UA, ce qui traduit une dépendance forte aux capacités d'implantation pavillonnaire et un centre aggloméré identifié comme enjeu majeur pour rééquilibrer cette dynamique.

Vue aérienne de la bastide de Revel et de son extension urbaine
Vue aérienne de la bastide de Revel et de son extension urbaine © Villes Vivantes
Répartition de la production annuelle de logements entre bastide, Revel et agglomération
Répartition de la production annuelle de logements entre bastide, Revel et agglomération © Villes Vivantes
Localisation des créations de logements 2011-2018 : appartements et maisons
Localisation des créations de logements 2011-2018 : appartements et maisons © Villes Vivantes
Périmètre du centre aggloméré prolongeant la bastide, enjeu de développement
Périmètre du centre aggloméré prolongeant la bastide, enjeu de développement © Villes Vivantes

Une vacance concentrée dans le centre ancien

La vacance résidentielle atteint 20 à 22 % dans la zone UA de la bastide, contre seulement 6 à 7 % en dehors, ce qui se traduit à l'échelle du cœur de ville par 22 % de logements vacants contre 9 % pour Revel et 8,5 % pour l'ensemble de la CCLRS. Cette vacance touche prioritairement les logements situés dans des immeubles mixtes logements-commerces (130 logements vacants, soit 24 %) et les petits appartements, surreprésentés parmi les 270 logements vacants du centre. La vacance commerciale suit une logique comparable : 17 % des commerces sont vacants, concentrés dans les îlots les plus denses et principalement dans les immeubles associant logements et commerces (38 des 46 commerces vacants).

Répartition de la vacance résidentielle entre zone UA et périphérie
Répartition de la vacance résidentielle entre zone UA et périphérie © Villes Vivantes
Statuts d'occupation des logements comparés entre cœur de ville, Revel et CCLRS
Statuts d'occupation des logements comparés entre cœur de ville, Revel et CCLRS © Villes Vivantes
Localisation de la vacance commerciale dans le centre ancien
Localisation de la vacance commerciale dans le centre ancien © Villes Vivantes
Répartition de la vacance résidentielle selon le type d'immeuble
Répartition de la vacance résidentielle selon le type d'immeuble © Villes Vivantes
Comparaison du parc total et du parc vacant par typologie de logement
Comparaison du parc total et du parc vacant par typologie de logement © Villes Vivantes

Un bâti ancien et hétérogène, marqué par la dégradation

Le cœur de ville élargi présente une diversité de générations de patrimoine, avec 24 % des logements construits avant 1900 et 28 % entre 1950 et 1980, traduisant des besoins de réhabilitation différenciés selon les époques de construction. L'état du bâti confirme cet enjeu : le potentiel de réhabilitation est estimé à 250 immeubles et 420 logements, et celui de rénovation énergétique à 600 immeubles et 1000 logements, avec 29 % des immeubles en état médiocre et 6 % dégradés. Un lien apparaît par ailleurs entre statut de copropriété et dégradation : les immeubles de 2 à 5 copropriétaires (34 % du parc) et ceux de plus de 5 copropriétaires (7 %) sont davantage concernés, ce qui oriente les actions de traitement de la vacance et de recherche d'effets d'entraînement vers deux approches complémentaires, ciblant à la fois les immeubles dégradés (42) et les immeubles stratégiques.

Tissu de maisons uniques en monopropriété hors zone UA (92 %)
Tissu de maisons uniques en monopropriété hors zone UA (92 %) © Villes Vivantes
Imbrication des fonctions logements-commerces dans le centre
Imbrication des fonctions logements-commerces dans le centre © Villes Vivantes
Cartographie de l'état du bâti et potentiel de réhabilitation
Cartographie de l'état du bâti et potentiel de réhabilitation © Villes Vivantes
Âge de la dernière construction par parcelle, diversité patrimoniale
Âge de la dernière construction par parcelle, diversité patrimoniale © Villes Vivantes
Répartition des immeubles selon le statut de copropriété
Répartition des immeubles selon le statut de copropriété © Villes Vivantes
Localisation des immeubles stratégiques, dégradés et vacants
Localisation des immeubles stratégiques, dégradés et vacants © Villes Vivantes

Un marché des transactions actif mais peu structurant

Entre 2011 et 2018, 28 % des logements de la bastide ont changé de mains au moins une fois, contre 24 % pour le reste du périmètre étudié, ce qui témoigne d'un marché actif mais dont le potentiel reste à exploiter : 215 immeubles et 380 logements ont fait l'objet d'une transaction, majoritairement sous forme d'immeubles entiers (54 % des logements transigés). Ces rachats se concentrent sur des immeubles en état moyen (57 % des transactions intégrales), ce qui suggère un potentiel de valorisation par la réhabilitation à l'occasion des changements de propriétaire.

Taux de logements ayant changé de mains depuis 2010
Taux de logements ayant changé de mains depuis 2010 © Villes Vivantes
Répartition des transactions par type d'immeuble
Répartition des transactions par type d'immeuble © Villes Vivantes
État des immeubles selon leur statut dans les transactions
État des immeubles selon leur statut dans les transactions © Villes Vivantes

Le vieillissement des propriétaires occupants, un enjeu spécifique

À l'échelle de la commune, 32 % des propriétaires occupants ont plus de 70 ans et 35 % ont entre 55 et 70 ans, soit près des deux tiers du parc en monopropriété concernés par un enjeu de vieillissement, particulièrement marqué dans le tissu pavillonnaire en périphérie de bastide. Cette structure démographique interroge les capacités d'adaptation des logements et anticipe de futures mutations du parc, notamment par la vente ou la transmission de biens, qui pourraient alimenter le marché de la réhabilitation.

Répartition par âge des propriétaires occupants sur la commune
Répartition par âge des propriétaires occupants sur la commune © Villes Vivantes

Des leviers d'action à l'échelle du logement et de l'îlot

L'étude propose plusieurs scénarios d'intervention combinant initiatives privées et publiques : ravalement de façade, amélioration du confort énergétique, vente de combles ou de terrains à bâtir pour financer des travaux, rénovation de copropriétés anciennes ou implantation d'ascenseurs. Ces actions s'articulent à différentes échelles, depuis l'amélioration ponctuelle d'un logement jusqu'à des opérations plus structurantes portées par la collectivité, comme la reconfiguration d'un ensemble d'immeubles pour créer des espaces extérieurs privatifs et de plus grands logements.

Scénarios d'intervention sur un îlot de copropriétés anciennes
Scénarios d'intervention sur un îlot de copropriétés anciennes © Villes Vivantes
Scénarios de valorisation d'un îlot mixte avec terrains à bâtir
Scénarios de valorisation d'un îlot mixte avec terrains à bâtir © Villes Vivantes
Scénarios de renouvellement sur un îlot proche du centre
Scénarios de renouvellement sur un îlot proche du centre © Villes Vivantes

Un exemple de projet : de l'état existant au logement projeté

Un cas concret illustre la méthode : un commerce vacant en rez-de-chaussée et des logements vacants à l'étage, marqués par des traces d'humidité et un manque d'accès direct depuis la rue, sont requalifiés en un projet de plusieurs typologies de logements (T2 à T5) adaptés aux séniors, jeunes couples, étudiants ou familles, avec création d'accès communs et d'espaces extérieurs privatifs. Cette transformation, présentée comme une logique de projet privé non incluse dans l'opération « Réinventons notre cœur de ville », illustre néanmoins la faisabilité de recomposer des immeubles vacants ou sous-utilisés en offre de logements diversifiée.

État existant d'un premier étage dégradé au-dessus d'un commerce vacant
État existant d'un premier étage dégradé au-dessus d'un commerce vacant © Villes Vivantes
Plan du rez-de-chaussée existant avec commerces et logement vacant
Plan du rez-de-chaussée existant avec commerces et logement vacant © Villes Vivantes
Principes de restructuration du rez-de-chaussée existant
Principes de restructuration du rez-de-chaussée existant © Villes Vivantes
Plan du premier étage existant, logements vacants et circulations
Plan du premier étage existant, logements vacants et circulations © Villes Vivantes
Projet de logements diversifiés T2 à T5 avec espaces communs
Projet de logements diversifiés T2 à T5 avec espaces communs © Villes Vivantes