Lorem ipsum
VÉGÉTALISER
VÉGÉTALISER
À propos
À propos
Nos références
Nos références
Nos services
Nos services
REVITALISER
REVITALISER
ADAPTER
ADAPTER
RÉNOVER
RÉNOVER
DENSIFIER
DENSIFIER
CONSTRUIRE
CONSTRUIRE
ACCUEILLIR
ACCUEILLIR
L'agence des villes vivantes
L'agence des villes vivantes
À Revel, la bastide historique ne capte que 11 % de la production de logements de l'agglomération, alors qu'elle concentre un logement sur cinq laissé vacant.
La Ville de Revel et la Communauté de communes Lauragais Revel Sorézois ont engagé une étude stratégique d'intervention sur le cœur de ville, valant étude pré-opérationnelle de renouvellement urbain. Ce travail, mené par l'agence Dessein de Ville pour Villes Vivantes, porte sur la bastide et son centre aggloméré, avec pour objectif de comprendre les mécanismes de dévitalisation du parc ancien et d'identifier les leviers d'action mobilisables, tant publics que privés.

La bastide de Revel ne produit que 7 logements par an, contre 70 pour le reste de la commune et 60 pour l'agglomération hors Revel. Elle ne représente ainsi que 11 % de la production totale de l'agglomération, alors que le territoire communal enregistre par ailleurs une croissance annuelle du parc comprise entre 1 et 1,5 % selon les secteurs. Ce déséquilibre traduit un désintérêt relatif pour la construction et la réhabilitation dans le tissu ancien, au profit des extensions pavillonnaires périphériques.

La zone UA de la bastide affiche un taux de vacance de 20 à 22 %, contre seulement 6 à 7 % en dehors de cette zone. Cette situation contraste fortement avec les statuts d'occupation observés à l'échelle communale et intercommunale : alors que Revel et la CCLRS comptent respectivement 55 % et 65 % de propriétaires occupants, le cœur de ville n'en compte que 19 %, pour 53 % de locatif et 22 % de logements vacants. La vacance touche particulièrement les commerces, avec 17 % de locaux vacants (46 commerces), concentrés sur les îlots les plus denses, notamment ceux mêlant logements et commerces. Les logements vacants se répartissent différemment selon la typologie des immeubles : les îlots de maisons de ville sont proportionnellement moins touchés, tandis que les petits appartements sont surreprésentés dans le parc vacant, avec 20 % des logements vacants situés dans la tranche 30 à 45 m², contre 13 % dans le parc total.





Entre 2011 et 2018, la commune a produit 420 maisons contre seulement 50 appartements en zone UA, confirmant une production largement tributaire des capacités d'implantation de maisons individuelles. Cette dynamique se déploie principalement autour du centre aggloméré qui prolonge la bastide, identifié comme un enjeu majeur pour l'avenir du cœur de ville. En continuité de ce centre, un tissu de maisons uniques économe en espace se développe hors zone UA, avec 92 % des immeubles en monopropriété, ce qui laisse entrevoir des capacités d'évolution pour de futures opérations.



Le cœur de ville se caractérise par une imbrication forte des fonctions résidentielles et commerciales : sur 770 immeubles et 1 350 logements, 41 % des logements se trouvent dans des immeubles mêlant logements et commerces. Cette mixité, à prendre en compte pour toute stratégie de redynamisation, s'accompagne d'une diversité de générations de patrimoine bâti, avec 24 % du parc communal antérieur à 1900 et 28 % construit entre 1950 et 1980. L'état général du bâti révèle un potentiel brut de réhabilitation portant sur 250 immeubles et 420 logements, ainsi qu'un potentiel de rénovation énergétique concernant 600 immeubles et 1 000 logements, la majorité des immeubles étant en état moyen (47 %). Un lien est par ailleurs observé entre copropriété et dégradation : les immeubles de 2 à 5 copropriétaires représentent 34 % du parc, une configuration qui complique souvent la prise de décision collective nécessaire aux travaux.




Depuis 2011, 28 % des logements du cœur de ville ont changé de mains au moins une fois, contre 24 % à l'échelle de la commune, révélant un flux de transactions qui pourrait être davantage mobilisé au service du renouvellement urbain. Sur 215 immeubles et 380 logements ayant fait l'objet d'une transaction, 54 % concernent des immeubles entiers, offrant une opportunité d'intervention à l'échelle du bâtiment. Ces rachats se concentrent d'ailleurs sur des immeubles en état moyen, plus propices à des opérations de réhabilitation que le bâti déjà dégradé. Par ailleurs, l'étude met en évidence l'enjeu des propriétaires occupants âgés : 32 % des logements communaux ont un propriétaire occupant de plus de 70 ans, et 35 % entre 55 et 70 ans, un phénomène particulièrement marqué dans le tissu pavillonnaire en pourtour de bastide, où se posera à moyen terme la question de la transmission ou de la mutation de ce patrimoine.




L'étude croise ces constats pour identifier deux approches complémentaires de traitement de la vacance et de recherche d'effets d'entraînement : le repérage d'immeubles stratégiques susceptibles d'avoir un effet levier sur leur îlot, et le traitement ciblé des immeubles dégradés (42 identifiés), des immeubles entièrement vacants (90 identifiés) et des suspicions d'habitat indigne (3 cas repérés).

Plusieurs scénarios illustrent la diversité des leviers mobilisables à l'échelle d'un îlot : intervention communale exemplaire pour reconfigurer un ensemble d'immeubles autour d'un ascenseur et de nouveaux espaces extérieurs, investissement privé pour rénover et louer un logement dégradé, vente de combles ou de terrains à bâtir pour financer des travaux de copropriété, ou encore amélioration du confort énergétique par le changement des menuiseries et l'isolation. D'autres pistes portent sur la démolition-reconstruction de bâtiments obsolètes, la rénovation de bâtiments vacants pour créer une offre locative de grands logements avec espaces extérieurs privatifs, ou la valorisation qualitative des parcelles constructibles proches du centre via une OAP. Ces scénarios montrent qu'un même îlot peut combiner des interventions de nature très différente, portées par la commune, des investisseurs ou des propriétaires occupants, chacune répondant à un besoin spécifique de son secteur.



L'étude illustre ses préconisations à travers l'exemple d'un immeuble situé au 28 rue Victor Hugo, comprenant un commerce vacant en rez-de-chaussée et plusieurs logements vacants aux étages. L'état existant révèle un premier étage dégradé, non exploité depuis plusieurs années, marqué par des traces d'humidité et d'infiltrations, ainsi qu'une absence d'accès direct aux étages depuis la rue. Le projet envisagé transforme cet ensemble en un immeuble de logements diversifiés en R+2 : du T2 duplex pour étudiant ou jeune couple au T5 familial, en passant par des T3 adaptés aux seniors, tous accessibles PMR, avec création d'un accès commun et d'espaces extérieurs privatifs.




