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Projets de recherche européens

Partager et enrichir les enseignements des expérimentations de densification douce

Les projets européens, une occasion de contribuer à l'état de l'art international en matière de densification douce

Un enjeu partagé à l'échelle du continent

La sobriété foncière n'est pas une préoccupation hexagonale isolée. Dans la quasi-totalité des pays européens, la limitation de l'étalement urbain et la mobilisation du potentiel des tissus déjà urbanisés sont devenues des priorités inscrites à la fois dans les législations nationales et dans les grandes orientations communautaires. Le Pacte vert européen, la stratégie de l'Union pour la biodiversité à l'horizon 2030, mais aussi la directive sur la performance énergétique des bâtiments ou le règlement sur la restauration de la nature convergent pour placer la transformation du bâti existant — bien avant la construction neuve sur terrain vierge — au cœur des politiques d'aménagement durable.

Dans ce contexte, la mobilisation des espaces sous-occupés fait l'objet de travaux croissants dans l'ensemble des pays membres : reconversion de friches industrielles ou commerciales, densification des tissus pavillonnaires, lutte contre la vacance des logements, réhabilitation et réorganisation des bâtiments anciens. En Belgique, les Régions wallonne et flamande mènent depuis plusieurs années des programmes de recherche-action sur la densification des quartiers résidentiels périurbains. Au Danemark, des collectifs comme Givrum et des universités telles que Roskilde expérimentent des méthodes d'urbanisme participatif pour réinvestir les espaces sous-utilisés. En Allemagne et aux Pays-Bas, des programmes publics soutiennent la transformation des logements individuels vacants en offre locative. En Italie, des institutions comme le Politecnico di Torino explorent les modalités d'une densification acceptée dans les quartiers de maisons individuelles.

Partout, l'enjeu est similaire : comment activer des gisements fonciers diffus, détenus par des propriétaires privés, dans des quartiers constitués où ni l'injonction réglementaire ni la simple incitation financière ne suffisent à déclencher les transformations nécessaires ?

Karl Samuelsson et al 2021 Environ. Res. Lett. 16 014022 « Residential environments across Denmark have become both denser and greener over 20 years » Illustration extraite d’un article de chercheurs danois sur la capacité à conjuguer densification et présence accrue du végétal en ville
Figure 1 Karl Samuelsson et al 2021 Environ. Res. Lett. 16 014022 « Residential environments across Denmark have become both denser and greener over 20 years » Illustration extraite d’un article de chercheurs danois sur la capacité à conjuguer densification et présence accrue du végétal en ville

Des programmes européens pour faire progresser l'état de l'art collectivement

Face à la complexité de ces enjeux, la Commission européenne a développé plusieurs cadres de financement permettant à des consortiums transnationaux de construire des réponses communes, de confronter leurs expériences et de co-produire des méthodes transférables.

Le programme LIFE, dans ses volets « Environnement » et « Transition verte urbaine », finance ainsi des projets pilotes et des projets préparatoires qui permettent à des villes et des opérateurs de tester des approches innovantes à l'échelle locale, puis de les évaluer et de préparer leur déploiement à grande échelle. L'appel LIFE-2025-PLP, récemment lancé, consacre notamment un axe entier au New European Bauhaus : il s'agit d'y soutenir des stratégies locales pour un usage plus efficient et mieux équilibré de l'espace bâti, en mobilisant les principes de sobriété (priorité à l'existant avant toute construction neuve) et d'adaptabilité (capacité à faire évoluer les bâtiments dans le temps sans démolition). Cet appel cible explicitement des villes de taille petite et moyenne souhaitant se doter de plans de transformation de leur parc bâti existant, en s'appuyant sur des démarches participatives et des méthodes réplicables.

Le programme ERANET-ENSUF (Urban Sustainability and Future), qui a financé le projet CAPA-CITY, illustre quant à lui une autre logique : celle de la recherche collaborative coordonnée entre équipes universitaires et opérateurs de terrain de plusieurs pays, autour d'une hypothèse partagée — ici, la montée en compétences collective comme levier de transformation des quartiers pavillonnaires.

Ces dispositifs partagent une même conviction : les solutions à la crise du logement et à l'impératif de sobriété foncière ne se produiront pas à partir d'une seule expérimentation nationale. Elles exigent une mise en commun des enseignements, une confrontation des méthodes et, autant que possible, des protocoles d'action suffisamment formalisés pour être reproduits d'un contexte à l'autre.

Villes Vivantes, un interlocuteur recherché à l'échelle européenne

Depuis plusieurs années, les équipes de Villes Vivantes sont régulièrement sollicitées par des acteurs publics et des opérateurs européens pour des échanges bilatéraux, des interventions dans des séminaires ou des conférences, voire des partenariats opérationnels. Ces sollicitations reflètent la rareté, dans le paysage européen, d'un opérateur combinant à la fois une profondeur de recherche et un niveau de résultats concrets sur le terrain.

En Belgique, Villes Vivantes a noué des relations avec l'Université de Hasselt, partenaire majeur du projet CAPA-CITY, mais aussi avec des acteurs tels que la Région wallonne, la Maison de l'Urbanisme du Brabant Wallon, l'association FOR URBAN PASSION, le réseau Canopea ou encore la stadsregio d'Anvers. Au Danemark, des échanges ont été menés avec l'Université de Roskilde et le collectif Delhus. En Italie, Villes Vivantes est intervenu au Politecnico di Torino dans le cadre d'un séminaire consacré à l'invention de nouveaux métiers de l'architecture et de l'urbanisme liés à la densification douce. Par ailleurs, les équipes participent régulièrement aux événements organisés dans le cadre des Urban Living Labs, en Europe comme en Asie.

Ces échanges bilatéraux nourrissent la veille internationale de Villes Vivantes et contribuent à renforcer la légitimité de ses méthodes dans des contextes culturels et réglementaires différents. Mais ils ouvrent aussi la voie à des engagements plus structurés, dans le cadre de projets européens de grande envergure.

Dossier « Diviser pour mieux se loger : de la nécessité de produire du logement autrement » CANOPEA Aurélie Cauchie & Eva Joskin – Wallonie, comparaison des résultats de l’opération BIMBY menée par Villes Vivantes à Périgueux et de la production de logements en extension urbaine dense à Arlon (Belgique).
Figure 2 Dossier « Diviser pour mieux se loger : de la nécessité de produire du logement autrement » CANOPEA Aurélie Cauchie & Eva Joskin – Wallonie, comparaison des résultats de l’opération BIMBY menée par Villes Vivantes à Périgueux et de la production de logements en extension urbaine dense à Arlon (Belgique).

Deux exemples d'intégration des travaux de Villes Vivantes dans une dynamique européenne

CAPA-CITY : construire les compétences collectives pour transformer le périurbain

Le projet

CAPA-CITY (Building capacities to transform existing residential subdivisions into smart and robust urban ecosystems) est un projet de recherche-action financé dans le cadre du programme européen ERANET-ENSUF (Urban Europe), avec le soutien de l'Agence Nationale de la Recherche côté français. Coordonné à l'échelle européenne par l'Université de Hasselt (Belgique) et en France par Villes Vivantes —, il a réuni de 2017 à 2020 trois universités et trois partenaires opérationnels issus de trois pays : la France, la Belgique et le Danemark.

Le consortium associait Villes Vivantes et l'École nationale supérieure d'architecture de Marseille (ENSA-M), en France, l'Université de Hasselt et l'agence de design Openstructure, en Belgique, l'Université de Roskilde et le collectif danois Givrum, au Danemark.

L'hypothèse de départ

Le projet reposait sur une hypothèse centrale : si les injonctions législatives et réglementaires à la densification (loi ALUR en France, équivalents belges et danois) peinent à produire les transformations attendues dans les quartiers d'habitat individuel, c'est en partie parce que les acteurs concernés, habitants, professionnels, élus locaux, n’étaient pas montés en puissance et reconnus dans leurs compétences collectives à concevoir et conduire ensemble des projets de renouvellement. Construire ces compétences (le capacity building) constituerait alors un levier d'action plus puissant que la simple contrainte normative.

Les terrains d'expérimentation

Chaque équipe nationale a conduit ses expérimentations dans un contexte spécifique, permettant de croiser des situations socio-spatiales contrastées.

En France, Villes Vivantes a contribué au projet de recherche au travers du déploiement de la démarche BIMBY (Build In My Back Yard) à Périgueux, dans une ville de 30 000 habitants confrontée à une chute démographique et à l'absence de foncier disponible en extension urbaine. Les équipes de Villes Vivantes ont conduit des entretiens individuels avec des centaines de propriétaires de maisons, en produisant en temps réel des modélisations 3D de leurs projets potentiels. La démarche a permis la production de 250 nouveaux logements sans consommation foncière en l’espace de 5 ans.

L'École d'architecture de Marseille, en collaboration avec le Lab InVivo, a quant à elle exploré le cas spécifique du lotissement de La Clairnande à Aix-en-Provence, dans un contexte de forte pression foncière liée à l'application de la loi ALUR. L'enjeu était d'explorer des solutions de densification douce co-conçues par les habitants du lotissement eux-mêmes, en les faisant dépasser l'opposition systématique entre droit privé (règlement intérieur du lotissement) et droit public (PLU). À l'issue du processus, les habitants ont co-élaboré un projet collectif de densification douce, assorti d'une charte de bon voisinage, et la municipalité d'Aix-en-Provence a reclassé plusieurs lotissements en zone d'urbanisation douce, soit l’abandon d'une densification subie au profit d'une densification négociée.

Au Danemark, l'Université de Roskilde et le collectif Givrum ont travaillé à Viby, petite ville en déclin, en mobilisant l'événementiel (un festival annuel) comme outil d'activation et de préfiguration des usages de l'espace public. En Belgique, l'Université de Hasselt et Openstructure ont exploré à Vosselaar les potentiels de transformation des espaces intermédiaires entre domaine privé et espace public, par des méthodes de prototypage avec les habitants.

Des ateliers ont réuni les équipes du consortium, à Roskilde, à Hasselt, mais aussi à Périgueux pour une présentation in situ de l’expérimentation BIMBY et des rencontres avec les habitants porteurs de projets.

Atelier doctoral international organisé à Périgueux par Villes Vivantes, l’Université de Hasselt, l’Université de Roskilde et l’ENSA Marseille dans le cadre du projet CAPA-CITY et de l’opération BIMBY de Périgueux
Figure 3 Atelier doctoral international organisé à Périgueux par Villes Vivantes, l’Université de Hasselt, l’Université de Roskilde et l’ENSA Marseille dans le cadre du projet CAPA-CITY et de l’opération BIMBY de Périgueux

Les résultats

Les expérimentations ont produit deux types de résultats principaux. D'abord, elles ont mis en évidence l'émergence de nouveaux métiers à la frontière de l'architecture, de l'urbanisme et de la médiation — des praticiens capables de croiser compétences techniques (modélisation 3D, conception architecturale) et compétences relationnelles (écoute des récits de vie, facilitation de la projection) pour activer des projets là où les outils traditionnels restaient inopérants. Ensuite, elles ont formalisé des déclencheurs d'action par échelle de projet — des protocoles permettant de créer des points de convergence entre initiatives individuelles à la parcelle, projets collectifs à l'échelle du lotissement, et stratégies municipales.

Le projet a également donné lieu à une production scientifique significative : un article publié dans la revue internationale Kult-ur, un chapitre dans l'ouvrage collectif Participatory Design Theory (Routledge), plusieurs communications dans des conférences majeures (AESOP, APERAU, EAEA14, FONCIMED) et des journées d'étude organisées dans les trois pays.

L'évaluation à mi-parcours conduite par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) avait d'ailleurs salué la qualité du projet, soulignant que la mise à l'épreuve de la démarche BIMBY dans d'autres pays européens et le transfert de méthodes entre équipes constituaient des résultats en eux-mêmes : « S'agit-il d'un BIMBY européen ? » notait le rapport d'expertise, signalant la portée potentiellement structurante du projet.

Affiche de l’atelier doctoral organisé à Périgueux dans le cadre du projet CAPA-CITY
Figure 4 Affiche de l’atelier doctoral organisé à Périgueux dans le cadre du projet CAPA-CITY

LIFE RE-HOME : mobiliser le parc bâti existant pour répondre à la crise du logement abordable

Le projet et son consortium

LIFE RE-HOME (Reuse and Enable Housing Opportunities through Municipal Experimentation) est un projet sélectionné et financé par la Commission européenne dans le cadre de l'appel LIFE-2025-PLP, sous le volet New European Bauhaus consacré aux stratégies locales d'usage efficient de l'espace bâti. D'une durée de 24 mois et doté d'un budget total de 3,4 millions d'euros, il réunit un consortium de 18 partenaires issus de six pays européens (France, Belgique, Grèce, Slovénie, Hongrie, Croatie), coordonné par Energy Cities / Énergie-Cités, association européenne dont le siège est à Besançon.

Le consortium associe quatre villes pilotes et leurs partenaires locaux : Chalandri (Grèce), Mechelen (Belgique), La Rochelle (France) et Hrastnik (Slovénie). Il intègre également des partenaires transversaux spécialisés dans les politiques de logement, la coopération urbaine, le design participatif et la recherche : Cooperative City (Hongrie), Urbanex (Croatie), Vraiment Vraiment (France), la FEANTSA — Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abris (Belgique), et plusieurs organisations grecques locales. Des organisations comme Placemaking Europe et Klimatkommunerna (Suède) apportent leur soutien à la diffusion et à la mise en réseau.

Villes Vivantes intervient dans le projet au travers d’un volet particulier d’expérimentation menée à La Rochelle mais également en concourant à l’animation globale du projet.

Le projet RE-HOME – partenaires et logique d’intervention en relation avec les objectifs du programme européen LIFE
Figure 5 Le projet RE-HOME – partenaires et logique d’intervention en relation avec les objectifs du programme européen LIFE

L'ambition du projet

LIFE RE-HOME part d'un constat partagé par l'ensemble des partenaires : le paradoxe du logement européen. Des millions de logements restent vacants ou sous-occupés dans les villes du continent, tandis que les besoins en logements abordables augmentent, les prix s'envolent et les pressions foncières s'intensifient. Le projet démontre que l'application des principes de sobriété (priorité à l'usage de l'existant avant toute construction neuve) et d'adaptabilité (capacité à faire évoluer les bâtiments au fil du temps sans démolition) peut débloquer une offre de logements durables, abordables et inclusifs, tout en réduisant la consommation de foncier non urbanisé et le bilan carbone de la construction.

Les quatre villes pilotes co-conçoivent chacune une stratégie de transformation ancrée dans les valeurs du New European Bauhaus, avec des modalités d'intervention distinctes selon les contextes locaux :

  • Chalandri (Grèce) : réemploi adaptatif de logements patrimoniaux issus de l'histoire de l'accueil de réfugiés ;
  • Mechelen (Belgique) : développement de solutions d'habitat partagé et de co-living ;
  • La Rochelle (France) : densification douce couplée à la création de jardins urbains favorables à la biodiversité ;
  • Hrastnik (Slovénie) : réactivation de logements municipaux vacants pour des groupes vulnérables.

Au-delà des quatre villes pilotes, le projet prévoit la mise en œuvre de dix micro-expérimentations dans des villes supplémentaires, via des prestataires sous-traitants, assurant ainsi une portée géographique élargie.

Sur le plan des résultats attendus, le projet vise notamment : quatre stratégies de transformation intégrées aux politiques municipales, plus de 80 logements transformés ou préparés lors des démonstrations pilotes, une méthodologie et une boîte à outils transférables, des modules de formation et une Summer School destinés aux équipes municipales, ainsi que des recommandations politiques adressées aux décideurs nationaux et européens.

Le volet déployé à La Rochelle par Villes Vivantes, la Ville et l'Agglomération

La Rochelle constitue l'un des quatre sites pilotes du projet RE-HOME, et le seul centré sur la densification douce portée par les habitants eux-mêmes. La Ville, la Communauté d'agglomération et Villes Vivantes y co-portent un programme dont l'ambition est de recruter et d’accompagner 360 porteurs de projets pour produire 60 logements abordables neufs et 60 jardins urbains exemplaires, en s'appuyant sur les démarches BIMBY et BUNTI développées par Villes Vivantes.

La démarche BIMBY permet à des propriétaires de maisons individuelles de créer de nouveaux logements sur la partie non bâtie de leur terrain. La démarche BUNTI permet quant à elle de produire des logements par restructuration en profondeur de bâtiments existants — notamment des logements anciens sous-occupés ou vacants. Les deux approches partagent un principe commun : faire des propriétaires privés les maîtres d'ouvrage de la transformation de leurs biens, avec un accompagnement sur mesure par des opérateurs formés à cet effet.

La Rochelle offre un cadre particulièrement propice à cette démonstration. La Ville a développé de longue date une stratégie de sobriété foncière, traduite dans ses documents d'urbanisme qui ont été redessinés — en partenariat avec Villes Vivantes — pour permettre des processus contrôlés de densification dans les quartiers de maisons individuelles. Ce travail pionnier de refonte réglementaire est lui-même une composante du projet : l'un des objectifs de RE-HOME à La Rochelle est précisément d'identifier les freins juridiques et réglementaires persistants et de formuler des propositions d'évolution à l'attention des décideurs locaux et nationaux.

Le projet introduit par ailleurs une dimension inédite : la création en parallèle du processus de densification douce de 60 jardins urbains de qualité, dans l’espace privé. Cette composante végétale répond à une observation récurrente des expérimentations de Villes Vivantes : l'acceptabilité de la densification par les habitants existants dépend largement de la qualité perçue des transformations. Un jardin bien conçu, une clôture végétalisée, un espace extérieur repensé peuvent transformer un voisin potentiellement hostile en acteur bienveillant, voire en porteur de projet à son tour.

La durée du volet est de 24 mois, avec une poursuite du suivi des porteurs de projets prévue au-delà de la fin du financement européen, jusqu'à la réalisation effective des 120 projets engagés.

Synthèse du volet du projet RE-HOME mis en œuvre à La Rochelle
Figure 6 Synthèse du volet du projet RE-HOME mis en œuvre à La Rochelle

La position singulière de Villes Vivantes dans les projets européens

Une culture de l'open source au fondement de la démarche

Depuis sa création, Villes Vivantes a fait le choix de conduire ses expérimentations dans une logique ouvertement ouverte : publication des méthodes, partage des protocoles d'action, documentation systématique des résultats, formation des équipes locales — partenaires comme opérateurs tiers. Ce positionnement découle directement de la conviction que seule la diffusion large des méthodes permettra d'atteindre l'échelle nécessaire face aux enjeux de la transition urbaine.

Cette culture de la capitalisation et du partage rend l'inscription dans des projets européens naturelle pour les équipes. Les exigences des programmes européens en matière de dissémination, de réplication et de retour aux politiques publiques correspondent exactement aux pratiques ordinaires de Villes Vivantes : publications académiques, journées d'étude, symposiums, VV School, présence dans les conférences internationales, participation aux Urban Living Labs en Europe et en Asie.

Un profil rare dans le paysage européen

Ce qui distingue Villes Vivantes de la plupart des acteurs européens travaillant sur la densification douce tient à la conjonction de plusieurs compétences rarement réunies dans une même structure.

Un travail continu de veille et de capitalisation internationale. Les équipes suivent activement les travaux conduits dans les différents pays européens sur la mobilisation des gisements fonciers, l'activation des propriétaires, les outils réglementaires et les mécanismes d'ingénierie de projet. Cette veille nourrit en retour les propres expérimentations de la structure et permet de situer les méthodes BIMBY et BUNTI dans un paysage international en évolution rapide.

Un travail de recherche sur les gisements et leur activation. Villes Vivantes travaille à la compréhension des mécanismes qui permettent — ou empêchent — la transformation des tissus existants. Analyse des potentiels parcelle par parcelle, identification des leviers d'adaptation réglementaire, compréhension des ressorts des décisions des propriétaires : ce travail de fond est une composante essentielle de la capacité à concevoir des processus efficaces.

Des résultats sans équivalent en Europe. C'est probablement sur ce point que la singularité de Villes Vivantes est la plus marquée. Alors que la plupart des expérimentations européennes sur la densification douce restent au stade du prototype ou du démonstrateur limité, les démarches conduites par Villes Vivantes comptent à ce jour plusieurs centaines de logements créés en autopromotion — constructions neuves sur terrains déjà bâtis (BIMBY) et logements produits par transformation de l'ancien et réoccupation de bâtiments vacants (BUNTI) — sans consommation de foncier non urbanisé, dans des dizaines de communes partenaires.

Cette ancienneté de pratique (depuis 2013), conjuguée à l'ampleur du déploiement et à la formalisation des méthodes, place Villes Vivantes dans une position rare : celle d'un opérateur capable non seulement de témoigner d'expériences passées, mais de produire, au sein même des projets européens, des résultats concrets et documentés susceptibles d'alimenter directement l'état de l'art.

C'est cette combinaison entre profondeur de recherche, volume de résultats tangibles, culture du partage et capacité de formation, qui explique les sollicitations croissantes adressées à Villes Vivantes par des partenaires européens souhaitant intégrer ses savoir-faire dans leurs propres dynamiques de projet.

Présentation d’une conférence de Villes Vivantes à Turin
Figure 7 Présentation d’une conférence de Villes Vivantes à Turin