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Sur le territoire de la Porte des Vosges Méridionales, une étude pré-opérationnelle a croisé enquête auprès des élus, cartographie fine du bâti et données INSEE pour construire, cadre de vie par cadre de vie, les fondations d'une future OPAH-RU.
La Communauté de Communes de la Porte des Vosges Méridionales (CCPVM) a engagé une étude pré-opérationnelle en vue de la mise en place d'une OPAH-RU. Cette démarche s'appuie sur un diagnostic croisant les perceptions des élus locaux, l'analyse du parc de logements (vacance, performance énergétique, typologie du bâti) et les dynamiques démographiques et migratoires du territoire, afin d'identifier les leviers d'une stratégie habitat adaptée.
La phase de diagnostic s'est appuyée sur un séminaire des élus organisé en septembre 2022 et sur une enquête en ligne auprès de 41 répondants. Cette consultation a permis de hiérarchiser les enjeux perçus par les communes : la requalification des espaces publics, la résorption des logements vacants et la maîtrise du foncier apparaissent comme des questions largement prises en compte, tandis que la revitalisation du commerce et des services est identifiée comme priorité de mandat par plusieurs élus.


Selon les élus interrogés, les habitants qui entreprennent un projet de rénovation rencontrent des obstacles nombreux et jugés majoritairement « difficiles » voire « presque impossibles ». L'accès aux aides financières, les conditions d'éligibilité et le fait d'être guidé pour savoir par où commencer figurent parmi les difficultés les plus citées, tout comme le fait de trouver les bons artisans ou de se mettre d'accord avec ses proches sur un projet.

L'analyse du bâti met en évidence une diversité de cadres de vie, du cœur de bourg dense au pavillonnaire diffus, chacun présentant des profils différenciés de vacance et de performance énergétique. À Remiremont, les immeubles de bourg concentrent à la fois un fort taux de vacance (26 %, soit 263 logements) et une part importante des passoires thermiques, tandis que le cadre de vie « Lotissement » concentre à lui seul un tiers des passoires thermiques du territoire. Sur Saint-Étienne-lès-Remiremont, les diagnostics de performance énergétique montrent que 32 % du parc se situe en classes F et G ou D, avec une majorité de logements en classe D et E.





Entre 2012 et 2018, la part des 45-59 ans a diminué dans la Communauté alors que le solde migratoire reste positif sur cette tranche d'âge, avec une baisse de population de 3,9 %/an sur 2017-2018. Les flux migratoires révèlent un déficit net de 45 ménages par an : 301 ménages quittent chaque année le territoire, en particulier vers la CA d'Épinal (22 % du flux) et la Métropole du Grand Nancy (14 %), quand 257 ménages s'y installent depuis l'extérieur, principalement depuis la CA d'Épinal (26 % du flux). Cette érosion démographique s'accompagne d'une spécialisation locative marquée du cœur de ville au Val d'Ajol, où la part de propriétaires occupants chute fortement au profit de la location.





Un indice de précarité, construit à partir de la pauvreté, de la prévalence des passoires énergétiques et de la taille de la population par carreau, met en évidence des secteurs à très fort taux de pauvreté au nord du territoire, notamment autour de Remiremont et dans le secteur diffus de Plombières-les-Bains, où le bâti ancien (fermes, bâti rural, pavillonnaire ancien) concentre les difficultés. En 2021, le Fonds de Solidarité Logement « énergie » a aidé 81 ménages pour un budget de 28 755 €, avec une concentration des aides à Remiremont (28 ménages, 9 940 €) et au Val d'Ajol (12 ménages, 4 260 €). Par ailleurs, la structure du parc de copropriétés révèle un déséquilibre d'information : si 100 % des copropriétés de plus de 5 logements sont inscrites au Registre national, seulement 37 % des petites copropriétés (5 logements ou moins) le sont, alors qu'elles représentent 79 % du nombre total de copropriétés. Enfin, 40 % des logements occupés par des propriétaires de plus de 70 ans se situent dans des immeubles présentant des inadaptations structurelles, soit 580 logements à adapter contre 841 dans des cadres de vie potentiellement adaptés.





Le diagnostic débouche sur la définition d'une stratégie articulant deux dispositifs : une OPAH communautaire à l'échelle de l'ensemble de la CCPVM, ciblant les propriétaires occupants sur les enjeux d'énergie, d'adaptation et d'habitat indigne, et une OPAH-RU centrée sur les périmètres ORT des communes labellisées Petites Villes de Demain (Plombières-les-Bains, Remiremont, Le Val d'Ajol - Centre et Faymont), élargie aux propriétaires bailleurs et aux copropriétés, avec un volet coercitif et des aides complémentaires. Un exemple de simulation à Plombières-les-Bains illustre la mécanique financière envisagée, combinant subventions ANAH, aides du Conseil départemental et primes locales pour rendre soutenable, pour un ménage modeste, l'achat et la rénovation d'un bien très dégradé.

