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L'agence des villes vivantes
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Sur le territoire de Mauges Communauté, 47 % des actifs quittent chaque jour leur commune pour travailler ailleurs, signe d'un territoire à la fois attractif et traversé par des flux à comprendre avant d'agir sur l'habitat.
Mauges Communauté a engagé une étude pré-opérationnelle en vue de la mise en place d'OPAH et d'OPAH-RU multisites. Cette démarche vise à objectiver les besoins en logement et en rénovation à l'échelle de l'agglomération, puis à définir un programme d'intervention adapté aux réalités de chaque commune, avant sa mise en œuvre opérationnelle.
La première phase de l'étude a mobilisé une palette large d'analyses : démographie, parc de logements, transactions immobilières, choix résidentiels, prix de l'immobilier, vacance et dégradation, performance énergétique, capacité à bien vieillir, filières de production de logements et cadres de vie. Cette approche croisée a été complétée par des temps d'échange directs avec les habitants et les professionnels de l'immobilier, afin de confronter les données statistiques aux perceptions du terrain.

Les données de mobilité professionnelle montrent que 53 % des actifs du territoire y habitent et y travaillent, tandis que 47 % des actifs résidents travaillent en dehors de Mauges Communauté ; à l'inverse, 11 830 actifs extérieurs viennent y travailler chaque jour. Ces flux croisés traduisent une interdépendance du territoire avec son environnement, qui interroge l'adéquation entre offre de logements et bassins d'emploi.
Sur la période 2017-2018, 4 540 emménagements ont été recensés, dont 65 % concernent des ménages déjà résidents dans le territoire et 35 % des arrivées extérieures. Ce volume de mouvements résidentiels, associé à 2 930 déménagements internes, signale des besoins en logements significatifs, notamment pour accompagner les parcours résidentiels des ménages déjà installés.


La cartographie du parc met en évidence une nette dominante de propriétaires occupants (72 %, soit 38 300 logements), le locatif privé et le locatif social représentant respectivement 14 % et 9 % du parc, et la vacance 4 % (2 500 logements). Cette vacance et le locatif se concentrent particulièrement dans les cœurs de ville des communes de Mauges-sur-Loire, Orée d'Anjou, Montrevault-sur-Èvre et Sèvremoine.
L'analyse des copropriétés révèle une structure atypique : 88 % d'entre elles comptent moins de 5 logements, mais seules 22 sur 247 sont immatriculées auprès du registre de l'Anah, ce qui pose la question de leur accompagnement futur vers une structuration formelle, préalable indispensable à d'éventuels travaux collectifs.


L'étude s'est appuyée sur une mobilisation large des acteurs locaux : entretiens avec les propriétaires, échanges avec les partenaires, « speed-dating » avec les communes, et un « petit déjeuner de l'immobilier » réunissant élus et professionnels du secteur. Une enquête en ligne diffusée auprès de tous les habitants a permis de recueillir plus de 330 réponses, majoritairement issues de Beaupréau-en-Mauges, Sèvremoine et Orée-d'Anjou.
Les résultats de cette enquête montrent une intention de travaux forte chez les propriétaires : 43 % des propriétaires occupants prévoient des travaux à court terme et 75 % des propriétaires bailleurs ont un projet de travaux, ce qui constitue un potentiel de mobilisation important pour les futurs dispositifs d'aide.




Le croisement des données quantitatives dégage cinq enjeux majeurs assortis de chiffres clés : la rénovation énergétique (entre 9 % et 11 % du parc en passoire thermique, soit 5 000 à 5 700 logements), la sortie de vacance (5 % du parc, 2 900 logements), l'adaptation à l'âge (24 % de la population a plus de 60 ans, soit 28 600 personnes), la rénovation des façades en cœur de bourg, et la production de locatifs abordables (14 % de locatifs, avec une hausse des demandes de petits logements).
Ces constats sont prolongés par douze « fils rouges » pour le futur dispositif habitat, articulant réhabilitation et offre nouvelle, ciblage de la précarité énergétique, mobilisation renforcée des aides de l'Anah, accompagnement des copropriétés non immatriculées, campagnes de ravalement de façades et promotion de filières d'accession abordable.



La phase 2 a permis de qualifier finement les situations à l'échelle des immeubles et des communes : entretiens avec les propriétaires, repérage des immeubles stratégiques comme à Montrevault-sur-Èvre, et cartographie du mal-logement et de la dégradation. Ce travail a nourri la définition des périmètres d'intervention, illustrée par les diagnostics détaillés de Montrevault, La Pommeraye et Montfaucon, où sont recensés pour chaque secteur le nombre de logements, la part de propriétaires occupants, de locatifs, de vacants et de logements dégradés.
Une simulation de dossier bailleur en OPAH-RU illustre le montage financier envisageable pour des travaux lourds : sur un projet de 269 k€ de dépenses (acquisition, travaux, charges, fiscalité), les aides mobilisables (61 k€) et les loyers perçus (146 k€) permettent de couvrir une large part du plan de financement, avec un équilibre mensuel net de -69 €/mois sur 20 ans. L'étude se conclut par une méthodologie en trois temps — faisabilité, éligibilité, calibrage — destinée à sécuriser chaque opération de renouvellement urbain avant son engagement.







