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Les Sorgues du Comtat

Dans les cinq communes de la Communauté d'agglomération Sorgues du Comtat, un logement sur deux appartient à un propriétaire occupant, tandis que jusqu'à 28% des immeubles des centres anciens portent des marqueurs de dégradation.

Cette étude pré-opérationnelle vise à définir la stratégie et à calibrer les scénarios opérationnels d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat (OPAH) intercommunale, dans le cadre du programme Petites villes de demain. Elle porte sur le territoire de la Communauté d'agglomération Sorgues du Comtat, et plus particulièrement sur les communes d'Althen-des-Paluds, Bédarrides, Monteux, Pernes-les-Fontaines et Sorgues.

Un vieillissement démographique qui interroge l'adaptation des logements

La population de la CA Sorgues du Comtat suit une trajectoire de vieillissement marquée entre 2009 et 2020 : les tranches d'âge des 45-59 ans, 60-74 ans et 75 ans et plus progressent, tandis que les classes plus jeunes (0-14, 15-29, 30-44 ans) reculent. Ce mouvement démographique se traduit concrètement dans le parc de logements : à Sorgues, 1 094 logements, soit 11% du parc, appartiennent à un propriétaire occupant de plus de 65 ans disposant d'une surface supérieure à 120m² ou d'un logement à étage, autant de situations où l'adaptation du logement au vieillissement devient un enjeu.

Ce constat ouvre également des perspectives foncières : à Monteux et Althen-des-Paluds, plusieurs centaines de terrains de plus de 1 200m² appartiennent à des propriétaires occupants de plus de 65 ans, constituant des gisements potentiels pour des opérations d'autopromotion accompagnée.

Vieillissement progressif de la population entre 2009 et 2020 sur la CA Sorgues du Comtat
Vieillissement progressif de la population entre 2009 et 2020 sur la CA Sorgues du Comtat © Villes Vivantes
1 094 logements à Sorgues occupés par un propriétaire de plus de 65 ans, en grande surface
1 094 logements à Sorgues occupés par un propriétaire de plus de 65 ans, en grande surface © Villes Vivantes
Gisements fonciers potentiels en autopromotion à Monteux et Althen-des-Paluds
Gisements fonciers potentiels en autopromotion à Monteux et Althen-des-Paluds © Villes Vivantes

Un parc ancien et des statuts d'occupation contrastés

Le bâti du territoire porte l'empreinte d'une urbanisation ancienne : à Bédarrides, 24,6% des bâtiments datent d'avant 1944 et près de la moitié (48,6%) d'avant 1974, ce qui pose la question de la performance énergétique et de l'état général de ces constructions. À Sorgues, sur un total de 9 703 logements, les propriétaires occupants représentent 47,3% du parc, suivis des locatifs privés (25,7%), des locatifs sociaux (12,3%), des logements vacants (11,8%) et des résidences secondaires (2,8%).

Cette structure de statuts d'occupation, où propriétaires occupants et locatifs privés dominent largement, oriente les leviers d'action à mobiliser : les dispositifs d'aide devront cibler à la fois les propriétaires occupants modestes et les propriétaires bailleurs, dans un parc où la vacance dépasse déjà 11%.

Près de la moitié des bâtiments de Bédarrides construits avant 1974
Près de la moitié des bâtiments de Bédarrides construits avant 1974 © Villes Vivantes
Statuts d'occupation des 9 703 logements de Sorgues
Statuts d'occupation des 9 703 logements de Sorgues © Villes Vivantes

Un marché immobilier tendu face aux coûts de rénovation

Sur la CASC, le prix médian des transactions dans l'ancien s'établit à 2 393€/m² depuis 2018, avec des disparités locales visibles selon les secteurs. Dans le centre ancien de Monteux, le rapprochement entre le relevé de dégradation du bâti et les prix de transactions révèle un déséquilibre : selon les estimations de la SPL84, sur les biens dégradés ou très dégradés, le coût des travaux de rénovation (2300 à 2800€/m² voire plus) dépasse fréquemment le prix au m² du bien lui-même.

Ce déséquilibre économique est formalisé dans un modèle de résorption de la dégradation des biens privés : pour les biens médiocres, une marge travaux de 1 200€/m² doit être couverte, ramenée à 500€/m² grâce aux subventions Anah et abondements locaux ; pour les biens dégradés ou très dégradés, la marge de 1 500€/m² est réduite à 800€/m² grâce au même mécanisme, rendant l'opération viable face au prix plafond de marché des biens les moins chers (1 800€/m²).

Prix médian des transactions dans l'ancien à 2 393€/m² sur la CASC depuis 2018
Prix médian des transactions dans l'ancien à 2 393€/m² sur la CASC depuis 2018 © Villes Vivantes
Dégradation du bâti et prix des transactions dans le centre ancien de Monteux
Dégradation du bâti et prix des transactions dans le centre ancien de Monteux © Villes Vivantes
Modèle économique de la résorption de la dégradation des biens privés
Modèle économique de la résorption de la dégradation des biens privés © Villes Vivantes

Une dégradation significative dans les centres anciens

Le relevé visuel extérieur du bâti, mené par Villes Vivantes en 2024, quantifie précisément l'ampleur de la dégradation dans les centres anciens. À Monteux, 24,5% des immeubles présentent des marqueurs de dégradation, soit 20,5% des logements du centre ancien. À Sorgues, ce taux atteint 27,9% des immeubles sur le centre ancien et le faubourg sud, représentant 23% des logements.

Ces deux relevés confirment que la dégradation ne se limite pas à des cas isolés mais touche une part substantielle du parc bâti historique, justifiant une intervention ciblée et outillée sur ces secteurs.

24,5% des immeubles du centre ancien de Monteux présentent des marqueurs de dégradation
24,5% des immeubles du centre ancien de Monteux présentent des marqueurs de dégradation © Villes Vivantes
27,9% des immeubles du centre ancien et du faubourg sud de Sorgues sont dégradés
27,9% des immeubles du centre ancien et du faubourg sud de Sorgues sont dégradés © Villes Vivantes

Des périmètres d'intervention ciblés dans les centres anciens

Sur la base de ces constats, des périmètres d'OPAH-RU (opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain) ont été proposés pour les centres anciens de Bédarrides, Monteux et Sorgues. Ces périmètres intègrent le repérage des logements vacants depuis plus de deux ans et des copropriétés, pondérées par leur nombre de logements.

Le gisement de logements concernés varie fortement selon les communes : 617 logements à Bédarrides (199 propriétaires occupants, 323 propriétaires bailleurs, 95 vacants), 735 logements à Monteux (207 propriétaires occupants, 341 propriétaires bailleurs, 187 vacants), et 1 288 logements à Sorgues (408 propriétaires occupants, 645 propriétaires bailleurs, 235 vacants). Sorgues concentre ainsi le gisement le plus important du territoire, avec une part de propriétaires bailleurs particulièrement élevée.

Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Bédarrides, 617 logements
Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Bédarrides, 617 logements © Villes Vivantes
Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Monteux, 735 logements
Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Monteux, 735 logements © Villes Vivantes
Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Sorgues, 1 288 logements
Périmètre d'OPAH-RU proposé pour le centre ancien de Sorgues, 1 288 logements © Villes Vivantes

Un dispositif d'aides articulé à plusieurs échelles

Pour produire un effet levier sur les travaux, le dispositif combine plusieurs niveaux d'aides selon les thématiques prioritaires définies par l'Anah : copropriétés dégradées, propriétaires occupants (rénovation énergétique, adaptation à la perte d'autonomie, travaux lourds) et propriétaires bailleurs (rénovation énergétique, changement d'usage, logement décent). Ces aides nationales sont complétées par des enveloppes régionales, départementales, intercommunales et communales, dont l'approche annuelle par commune permet de définir des objectifs de logements rénovés sur cinq ans.

Cette architecture d'aides s'inscrit dans une logique d'imbrication des échelles d'intervention : un dispositif large à l'échelle de l'EPCI portant sur la rénovation énergétique et l'autonomie (Pacte Territorial), un volet renouvellement urbain renforcé sur les vacants, les copropriétés et le locatif à l'échelle des communes centralités (OPAH-RU), et des aides locales spécifiques à l'échelle des centres-bourgs en Opération de Revitalisation de Territoire (ORT), telles que les plans de ravalement de façade ou les primes de sortie de vacance.

Grille des aides aux travaux mobilisables selon les thématiques prioritaires (Anah 2024)
Grille des aides aux travaux mobilisables selon les thématiques prioritaires (Anah 2024) © Villes Vivantes
Approche des enveloppes annuelles et des objectifs de rénovation par commune
Approche des enveloppes annuelles et des objectifs de rénovation par commune © Villes Vivantes
Articulation des outils à l'échelle de l'EPCI, des communes centralités et des centres-bourgs
Articulation des outils à l'échelle de l'EPCI, des communes centralités et des centres-bourgs © Villes Vivantes