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Hénin-Carvin

Sur le territoire du bassin minier, l'évaluation du PIG Habiter Mieux met en évidence un décalage entre les aspirations des habitants et la portée réelle des dispositifs d'aide, ouvrant la voie à un nouveau pacte territorial pour cinq ans.

Sur la Communauté d'agglomération Hénin-Carvin (CAHC), l'étude porte sur l'évaluation du Programme d'Intérêt Général (PIG) Habiter Mieux couvrant la période 2020-2024. Elle s'appuie à la fois sur des données de production de logements, une enquête auprès des habitants et une synthèse des constats du diagnostic, pour aboutir à la définition d'une nouvelle stratégie habitat sous forme de pacte territorial.

Une production de logements portée par l'individuel diffus

Entre 2015 et 2022, la CAHC a produit en moyenne 390 logements par an, une production largement dominée par les formes d'auto-promotion et de maison individuelle. Le lotissement représente à lui seul 38% de cette production (151 logements/an), suivi par la maison individuelle groupée (22%, 85 logements/an) et la promotion de plus de 14 logements (18%, 69 logements/an). La division parcellaire (16%) et la création dans l'ancien (4%) complètent ce paysage, révélant une dynamique de construction neuve prédominante par rapport à la réhabilitation du bâti existant. La carte du territoire montre une répartition des opérations diffuse sur l'ensemble des communes de l'agglomération, avec des concentrations plus marquées autour de Hénin-Beaumont, Noyelles-Godault et Courcelles-lès-Lens.

Répartition de la production de logements par type entre 2015 et 2022
Répartition de la production de logements par type entre 2015 et 2022 © Villes Vivantes

Des attentes des habitants centrées sur l'énergie et l'adaptation au vieillissement

L'enquête menée auprès de 141 habitants fait ressortir un besoin prioritaire en logements peu coûteux en énergie, cité 72 fois, devant les logements de plain-pied (60 citations) et le locatif abordable (51 citations). Les logements adaptés pour les seniors (49 citations) et les logements familiaux confortables (46 citations) suivent de près, dessinant un profil de demande centré sur la performance énergétique et l'adaptation du parc existant plutôt que sur la construction neuve. Ces résultats convergent avec les constats du diagnostic sur les aspirations des propriétaires occupants à rénover leur logement pour y rester le plus longtemps possible.

Hiérarchie des besoins exprimés par les habitants en matière de logement
Hiérarchie des besoins exprimés par les habitants en matière de logement © Villes Vivantes

Des acquis et des limites du dispositif d'aide actuel

La synthèse du diagnostic d'évaluation du PIG met en avant une grande capacité de l'opérateur à mobiliser et accompagner les propriétaires occupants, avec des habitants globalement satisfaits de cet accompagnement. Toutefois, plusieurs limites sont identifiées : une difficulté à mobiliser les propriétaires bailleurs, des niveaux d'aides insuffisants pour déclencher de réelles rénovations globales sur les travaux lourds, et des actions peu efficientes en matière de résorption de la vacance et de lutte contre la dégradation des logements. La communication de l'opération présente également un contraste marqué : portée en grande partie par les entreprises locales auprès des habitants, elle reste insuffisante en interne, ce qui limite la capacité des élus, techniciens et acteurs de l'habitat à prendre pleinement en main l'opération.

Synthèse des dix constats du diagnostic et enjeux associés pour la future opération
Synthèse des dix constats du diagnostic et enjeux associés pour la future opération © Villes Vivantes

Des enjeux qui structurent la stratégie à venir

Six enjeux se dégagent de cette évaluation : améliorer la performance énergétique des logements, résorber les situations de dégradation, toucher les publics modestes et très modestes, produire du locatif abordable en remettant sur le marché des logements vacants, traiter le mal logement, et reconfigurer le bâti ancien pour produire des logements attractifs. Ces enjeux répondent directement aux constats du diagnostic et aux attentes exprimées par les habitants, notamment sur les volets énergie et adaptation au vieillissement, tout en actant une ambition des élus de monter d'un cran le niveau d'exigence de la future opération.

Une nouvelle stratégie habitat déclinée en pacte territorial

Pour répondre à ces enjeux, la CAHC engage une stratégie habitat formalisée sous la forme d'un pacte territorial sur cinq ans, associant l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et l'agglomération. Ce pacte prévoit deux options de financement, haute et basse, couvrant à la fois les aides aux travaux et les aides au suivi-animation, portées conjointement par l'Anah et la CAHC, avec une possibilité de subvention complémentaire de 5% de la CAHC pour les propriétaires occupants sur les volets énergie et adaptation.

Récapitulatif des coûts sur cinq ans selon les options haute et basse
Récapitulatif des coûts sur cinq ans selon les options haute et basse © Villes Vivantes