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À Épône, Mézières-sur-Seine et Rosny-sur-Seine, trois centres-bourgs cumulent paupérisation, dégradation du bâti et décalage entre offre locative et besoins des habitants.
Grand Paris Seine et Oise a engagé une étude pré-opérationnelle dans le cadre du dispositif Petites Villes de Demain (PVD) et de l'OPAH-RU, portant sur les communes d'Épône, Mézières-sur-Seine et Rosny-sur-Seine. Ce travail vise à établir un diagnostic partagé de l'habitat et du cadre de vie des trois centres-villes, puis à proposer des outils opérationnels adaptés aux situations identifiées.
Le diagnostic de l'habitat des trois communes PVD s'organise autour de huit fils rouges, allant du ralentissement de la production de logements neufs à la nécessité d'un accompagnement des copropriétés en centre-ville, en passant par les enjeux de rénovation énergétique, d'adaptation au vieillissement et de lutte contre la vacance. Cette grille de lecture commune permet de comparer les situations des trois communes tout en gardant une approche différenciée selon les spécificités locales de chaque centre-bourg.
L'enquête menée auprès des habitants met en évidence des attentes précises en matière de logement : l'adaptation aux seniors arrive en tête des besoins exprimés, suivie par les logements locatifs abordables et les petits logements pour les jeunes. Ces résultats orientent directement les priorités d'action vers une offre plus diversifiée et mieux ajustée aux profils démographiques du territoire.

Les cartographies par carreaux de 200 mètres révèlent une répartition différenciée des ménages selon l'âge et la composition, tandis que l'analyse des prix de mutation dans l'ancien montre des valeurs souvent inférieures à celles du marché, sauf à Mézières-sur-Seine qui connaît une hausse généralisée. Ce contraste traduit une perte d'attractivité relative des centres anciens malgré une demande réelle des habitants pour un logement locatif proche des services.
L'analyse des statuts d'occupation confirme cette dynamique : à Épône, le parc locatif privé et social se concentre fortement dans le centre-ville, où les ménages modestes sont surreprésentés par rapport au reste du territoire communautaire. Cette concentration s'accompagne d'une vacance structurelle modérée mais bien identifiée, limitée aux centres-bourgs.




Les relevés d'état du bâti à Mézières-sur-Seine et à Épône montrent une majorité de logements en bon état ou rénovés, mais aussi une part significative de logements médiocres, dégradés voire très dégradés, concentrée sur des rues identifiées du centre historique. Cette dégradation diffuse du parc ancien contribue au déficit d'attractivité du cadre de vie et complique le maintien d'une occupation stable et diversifiée.
Ce constat rejoint l'analyse par situations-types du centre-ville, qui distingue six catégories d'action selon le croisement entre état de dégradation du bâti et statut d'occupation des logements (locatif, propriétaire occupant, copropriété, résidence secondaire ou vacance). Cette typologie permet de cibler les leviers d'intervention les plus adaptés à chaque configuration, du simple accompagnement à la mobilisation d'outils coercitifs.



Face à ces constats, l'étude propose une architecture d'outils articulée autour du Pacte territorial du Département des Yvelines (2025-2028), de l'OPAH Renouvellement Urbain ciblée sur les trois centres-villes, et d'outils coercitifs complémentaires tels que les études et actions foncières ou le dispositif RHI/THIRORI. Chaque enjeu identifié dans le diagnostic - rénovation énergétique, perte d'autonomie, vacance, mal-logement, patrimoine bâti, copropriétés - trouve ainsi une réponse opérationnelle dédiée.
Une campagne incitative de ravalement de façades est envisagée sur trois périmètres potentiels, avec un financement à 40 % sur quatre ans (2025-2029) pour un montant moyen de travaux estimé à 20 000 € HT. Les hypothèses de couverture, du secteur A seul à la combinaison des trois secteurs, permettent de calibrer l'ambition du dispositif selon les moyens mobilisables.


L'étude propose un dispositif à deux niveaux pour la bonne gestion des copropriétés, associant l'information sur les aides disponibles (dont Ma Prime Rénov' Copropriétés) et un audit énergétique préalable financé en partie par la commune. Une hypothèse d'engagement financier est posée sur quatre copropriétés, dont trois présentent des signes de dégradation extérieure et une des fragilités de gestion identifiées par un taux d'impayés supérieur à 8 %.
L'exemple détaillé d'une copropriété dégradée illustre la méthode : estimation de la valeur du bien, du montant des travaux, et proposition de deux scénarios opérationnels allant de l'inclusion d'un volet copropriétés dans une opération de suivi-animation à la mise en place d'un programme POPAC. De même, le cas type d'un propriétaire bailleur réalisant des travaux lourds sous conventionnement LOC 2 montre le montage financier possible : travaux TTC de 125 000 €, aides de 83 625 €, pour un bilan sur dix ans intégrant loyer conventionné puis loyer libre.



L'identification des gisements de logements mobilisables pour la rénovation des centres-villes d'Épône, Mézières-sur-Seine et Rosny-sur-Seine aboutit à une option d'opération multisites portée par Grand Paris Seine et Oise. Cette option, actée lors du séminaire Ville du 7 novembre 2024, prévoit un pilotage opérationnel communautaire, des aides à l'ingénierie mutualisées et des aides aux travaux propres à chacune des trois communes.
Le gisement identifié pour la rénovation des logements du périmètre reste toutefois qualifié de limité, avec 2 329 logements concernés, ce qui invite à cibler les secteurs prioritaires plutôt qu'une action uniforme sur l'ensemble des trois centres-villes.
