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L'agence des villes vivantes
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À Maisse et Milly-la-Forêt, deux bourgs du Gâtinais français dessinent, chiffres à l'appui, les contours d'une revitalisation de l'habitat encore à écrire.
Villes Vivantes a conduit l'étude pré-opérationnelle d'Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat (OPAH) multisites dans le cadre de l'Opération de Revitalisation de Territoire (ORT) portée conjointement par les communes de Maisse et Milly-la-Forêt, au sein de la Communauté de Communes des Deux Vallées. Ce travail croise données démographiques, foncières et immobilières pour objectiver les dynamiques à l'œuvre sur les deux centres-bourgs et pour outiller les leviers d'action de la collectivité.

Entre 2015 et 2021, les trajectoires démographiques de Maisse et Milly-la-Forêt divergent nettement au sein de la Communauté de Communes des Deux Vallées. Maisse affiche une variation totale positive de 0,4 %, portée par un solde migratoire de 0,3 % complété par un solde naturel de 0,1 %, tandis que Milly-la-Forêt enregistre une variation totale négative de -0,4 %, avec un solde naturel et un solde migratoire tous deux à -0,4 %. À l'échelle intercommunale, la variation totale reste négative (-0,2 %), résultat d'un solde migratoire déficitaire (-0,3 %) partiellement compensé par un solde naturel positif (0,1 %).

Le nombre de ménages continue de croître sur le territoire intercommunal, avec une progression de 66 ménages par an sur la CC des Deux Vallées, dont 16 par an à Maisse. Cette évolution traduit une structuration des ménages marquée par la part croissante des personnes seules (31,4 % à Maisse, 33,2 % à Milly-la-Forêt) et des familles monoparentales, au détriment des couples avec enfants dont le nombre diminue à Maisse (-5 ménages/an). Cette tendance, y compris à Milly-la-Forêt qui perd pourtant des ménages avec enfants (-8/an) tout en gagnant des personnes seules, traduit une augmentation des besoins en logements de petite taille adaptés à ces nouvelles configurations familiales.

À Maisse, les secteurs de pauvreté coïncident avec les concentrations de logements locatifs privés : dans le bourg, la part du locatif privé atteint 36,9 % contre 14,2 % sur l'ensemble de la commune, tandis que la part de propriétaires occupants chute à 47,3 % dans le bourg contre 63,3 % sur la commune. Cette polarisation locative du centre-bourg s'accompagne d'un différentiel de prix marqué à l'échelle intercommunale : les transactions immobilières entre 2020 et 2023 révèlent un prix médian de 2 445 €/m² à Maisse contre 2 800 €/m² à Milly-la-Forêt, les logements les plus abordables se situant dans la partie ouest de l'EPCI.


La comparaison entre loyers libres et loyers conventionnés à Maisse met en évidence un fort décalage : pour un logement de 55 m², le loyer libre moyen atteint 650 € contre 519 € en loyer conventionné « social », soit une différence cumulée de 9 400 € sur six ans, alors que la subvention maximale de l'Anah s'élève à 28 000 €. Ce différentiel questionne l'attractivité du dispositif de conventionnement pour les bailleurs. Parallèlement, le logement touristique occupe une place mesurée mais notable à Maisse, avec 18 annonces référencées représentant 1,4 % du parc de logements et générant des revenus médians de 22 000 € par an, un marché qui capte une partie de l'offre locative potentielle.


À Maisse, la localisation des ménages seniors de 65 ans et plus révèle un contraste marqué entre le cœur de bourg, où cette part atteint 12 %, et le reste de la commune où elle grimpe à 58 %. Cette répartition interroge l'adaptation du parc de logements du centre-ville aux besoins de ce public, dans un contexte où certains biens du bourg présentent un état de dégradation avancé, comme l'illustre l'exemple d'une parcelle classée « très dégradée » datant de 1900, dont l'estimation des travaux de rénovation (150 000 à 200 000 €) rejoint celle du bien lui-même, nécessitant l'activation de procédures de sortie de dégradation associant ingénierie d'accompagnement et, le cas échéant, maîtrise foncière.


Pour accompagner la revitalisation du centre ancien, un plan façades incitatif est envisagé à Milly-la-Forêt sur un premier périmètre d'intervention concentrant 180 façades potentielles. L'objectif fixé est de traiter 2 façades par an, avec une subvention plafonnée à 4 000 € par façade (20 % d'un plafond de travaux de 20 000 € HT), une instruction internalisée et un budget annuel de 8 000 €. Le dispositif prévoit l'utilisation d'au moins 80 % de chaux dans les enduits pour les bâtiments anciens et le respect de la colorimétrie du Parc, conditions attendues dans les dossiers de demande de subvention.
