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L'agence des villes vivantes
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Sur un territoire qui perd 14 ménages par an en moyenne, l'étude pré-opérationnelle Cœur du Pays-Haut dessine, commune par commune, les leviers d'une future OPAH communautaire.
La Communauté de Communes Cœur du Pays-Haut a confié à Villes Vivantes l'élaboration d'une étude pré-opérationnelle préalable à la mise en place d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat (OPAH). Ce travail vise à objectiver les dynamiques démographiques, l'état du parc de logements et les attentes des habitants, avant de calibrer un dispositif opérationnel adapté aux réalités locales.
La carte de l'évolution démographique entre 2014 et 2019 révèle un territoire fragmenté, où certaines communes gagnent plusieurs dizaines d'habitants par an quand d'autres en perdent autant, sans logique géographique évidente. Cette hétérogénéité interroge sur les capacités d'attractivité différenciées des bourgs et villages qui composent la Communauté de Communes.
Les flux migratoires en moyenne annuelle sur 2018-2019 confirment ce constat d'ensemble : le solde net reste légèrement négatif (-14 ménages/an), résultat d'un équilibre fragile entre 190 ménages qui emménagent depuis la France, 230 qui déménagent en restant sur le territoire, et des échanges plus limités avec le Luxembourg (15 entrées contre 9 sorties). La comparaison avec les intercommunalités voisines montre que ce solde négatif de 20 ménages entre 2018 et 2019 s'inscrit dans un contexte de flux nationaux uniquement, avec des départs de jeunes plus marqués que dans des territoires comme la CA de Longwy ou la Métropole du Grand Nancy.



L'enquête menée auprès de 111 répondants en 2022 met en évidence les points de blocage ressentis dans un parcours de projet de rénovation. Si se mettre d'accord avec ses proches apparaît comme une étape facile pour la grande majorité, les difficultés s'accroissent nettement dès qu'il s'agit de trouver des artisans fiables, d'obtenir des conseils neutres ou de mobiliser les aides financières, jugées « pratiquement impossibles » à activer par 20 répondants sur 111.
Ce constat souligne un besoin d'accompagnement structuré, notamment sur les aspects techniques et financiers, qui dépasse la seule question de la motivation des ménages à engager des travaux.

L'analyse foncière fait apparaître une vacance structurelle concentrée dans les périmètres déjà identifiés par la collectivité, avec 1 229 logements vacants depuis moins de 2 ans (10 %) et 800 logements vacants depuis plus de 2 ans (7 %) à l'échelle du territoire. Les zooms sur Audun-le-Roman et Tucquegnieux illustrent comment cette vacance se combine localement avec une part significative de locatif et de ménages pauvres : à Audun-le-Roman, le périmètre étudié affiche 32 % de locatif et 21 % de ménages pauvres, tandis qu'à Tucquegnieux la vacance de plus de deux ans atteint jusqu'à 16 % dans certains secteurs du périmètre.
Ces données convergent vers un diagnostic de fragilité localisée, où la vacance ne se répartit pas uniformément mais se concentre dans des poches identifiables, justifiant un ciblage fin des interventions futures.



La cartographie des tissus urbains à Tucquegnieux distingue plusieurs typologies : cœur de ville, cœur de bourg, village rue, esprit village, diffus, cité ouvrière, lotissement et résidence. Cette classification permet de croiser les formes urbaines avec les données de marché : le cœur de ville affiche le taux de mutation le plus faible (7 %) mais le prix médian de vente au m² le plus élevé (1 714 €), tandis que le village rue combine le taux de mutation le plus élevé (8 %) avec un prix intermédiaire (1 294 €).
Ces écarts de prix, allant de 774 € au m² pour l'esprit village à 1 649 € pour le lotissement, révèlent des marchés immobiliers très hétérogènes selon la morphologie urbaine, un paramètre à prendre en compte dans le ciblage des interventions de l'OPAH.


La phase 1 de l'étude a consisté en un diagnostic ciblé et approfondi du territoire, couvrant onze thématiques : démographie, parc de logements, transactions, flux migratoire, cadres de vie, vacance, performance énergétique, bien vieillir, locatif, visite de terrain et enquête habitants. Cette phase s'est enrichie d'un temps d'échange dédié, le « Petit déj de l'immo », associant les acteurs locaux à la restitution des constats.
La phase 2 a ensuite construit la stratégie opérationnelle à partir de ces constats : première approche sur les immeubles stratégiques, échanges avec les partenaires, analyse des effets de levier, calibrage de l'ingénierie et des aides financières, anticipation de la loi ZAN, définition des enjeux du territoire, étude des engagements communaux potentiels et des aides complémentaires, jusqu'au calibrage final du dispositif opérationnel.


Le dispositif prévoit un parcours d'orientation commun, quel que soit le profil du porteur de projet (propriétaire occupant, propriétaire bailleur, investisseur ou copropriété) : chacun peut s'adresser à l'ADIL ou à l'opérateur de suivi-animation de l'OPAH, avec une bascule possible selon l'éligibilité Anah et la localisation dans le périmètre. Le territoire s'appuie notamment sur un réseau de 17 MAR agréés, la différence majeure entre parcours avec ou sans OPAH résidant dans la proactivité du recrutement des porteurs de projet et la fluidité de leur accompagnement technique et administratif.
Le projet de convention d'OPAH communautaire sur 3 ans fixe des objectifs quantitatifs précis : 85 logements pour les propriétaires occupants (répartis entre Ma Prime Rénov', Ma Prime Adapt' et Ma Prime Logement Décent selon les niveaux de ressources) et 20 logements pour les propriétaires bailleurs, soit environ 28 logements par an sur la durée de la convention, dans un périmètre de 11 785 logements dont 7 239 propriétaires occupants et 2 562 logements vacants et locatifs.

