Lorem ipsum

Cœur de Loire

À Cosne-Cours-sur-Loire, un solde migratoire négatif de -60 habitants par an masque en réalité près de 2 600 emménagements annuels, révélateur d'un parc de logements anciens à requalifier en profondeur.

Cette étude pré-opérationnelle d'OPAH-RU porte sur un périmètre de revitalisation défini au sein de la Communauté de communes Cœur de Loire, dans la Nièvre. Elle vise à qualifier les dynamiques démographiques, l'état du parc de logements et les attentes des habitants pour calibrer les outils d'intervention sur le centre ancien de Cosne-Cours-sur-Loire.

Une croissance démographique atone mais un renouvellement réel du peuplement

Le solde migratoire de Cosne-Cours-sur-Loire s'établit à -60 habitants par an, alors que plusieurs communes proches du territoire affichent une attractivité résidentielle plus marquée. Ce chiffre global cache cependant une intensité de mouvements bien supérieure : entre 2 300 et 2 600 emménagements ont lieu chaque année, se répartissant entre un renouvellement du parc et du territoire (arrivées et départs avec l'extérieur, soit environ -90 habitants par an) et un renouvellement à l'intérieur même du territoire (déménagements de commune à commune ou infracommunaux). Cette dynamique montre que le déclin apparent de la population ne traduit pas une absence de mobilité résidentielle, mais plutôt un solde négatif construit sur des flux d'entrées et de sorties conséquents.

Solde migratoire communal et attractivité différenciée des communes voisines
Solde migratoire communal et attractivité différenciée des communes voisines © Villes Vivantes
Décomposition des emménagements annuels entre renouvellement externe et interne
Décomposition des emménagements annuels entre renouvellement externe et interne © Villes Vivantes

Le vieillissement de la population et l'inadéquation du parc de logements

La population du territoire vieillit à un rythme soutenu : chaque année, 110 habitants supplémentaires ont plus de 60 ans, soit environ 80 ménages, tandis que les tranches d'âge plus jeunes se réduisent entre 2012 et 2017. Ce vieillissement s'accompagne d'un décalage structurel avec la composition du parc de logements : 78 % des ménages sont composés de deux personnes ou moins, alors que 66 % des logements comptent quatre pièces ou plus. Cette inadéquation entre la taille des ménages et celle des logements se retrouve à l'échelle infracommunale, où la part des habitants de plus de 65 ans atteint 36 % dans le périmètre ORT contre 30 % hors ORT, posant la question de l'adaptation des logements du centre ancien au vieillissement sur place.

Évolution de la structure par âge de la population entre 2012 et 2017
Évolution de la structure par âge de la population entre 2012 et 2017 © Villes Vivantes
Répartition des ménages et des logements par taille dans la CdC
Répartition des ménages et des logements par taille dans la CdC © Villes Vivantes
Part des habitants de plus de 65 ans selon les secteurs
Part des habitants de plus de 65 ans selon les secteurs © Villes Vivantes

Un centre ancien concentrant dégradation et vacance

Le périmètre ORT, qui représente 1 160 logements soit 16 % du parc communal, concentre une part disproportionnée des logements anciens : 85 % de son bâti date d'avant 1974, contre 62 % hors ORT. Cette ancienneté se traduit par des taux de vacance nettement supérieurs dans les typologies du cœur de ville (jusqu'à 33-34 % pour le cœur de ville intense et le cœur de ville jardiné) et par une vacance globale de 27 % dans l'ORT contre 11 % hors ORT, dont 30 % de logements dégradés. Les typologies du cœur ancien cumulent aussi une forte proportion de petits logements et de propriétaires occupants âgés de plus de 70 ans, alors que les typologies périphériques (lotissements, maisons groupées) affichent des taux de vacance et de rotation plus favorables.

Carte des typologies de cadre de vie et périmètre ORT
Carte des typologies de cadre de vie et périmètre ORT © Villes Vivantes
Indicateurs de vacance, copropriété et rotation par typologie de logement
Indicateurs de vacance, copropriété et rotation par typologie de logement © Villes Vivantes
Part des logements bâtis avant 1974 selon les secteurs
Part des logements bâtis avant 1974 selon les secteurs © Villes Vivantes
Répartition et taux de vacance des logements par secteur
Répartition et taux de vacance des logements par secteur © Villes Vivantes
Corrélation entre taux de vacance et typologie de cadre de vie
Corrélation entre taux de vacance et typologie de cadre de vie © Villes Vivantes
Synthèse des indicateurs du marché immobilier dans l'ORT
Synthèse des indicateurs du marché immobilier dans l'ORT © Villes Vivantes

Marché immobilier et copropriétés fragiles

Les prix des transactions dans l'ancien confirment la dévalorisation du centre-ville : 900 €/m² dans l'ORT contre 1 100 €/m² hors ORT. L'analyse par décile de prix montre une corrélation nette entre valeur du bien, taux de vacance et statut d'occupation : les biens les moins chers (480 €/m²) affichent 51 % de vacance un an après la vente contre seulement 15 % de propriétaires occupants, alors que les biens « prêts à habiter » (1 620 €/m²) enregistrent 65 % de propriétaires occupants pour 16 % de vacance. Le périmètre ORT concentre par ailleurs 285 logements en copropriété, soit 25 % du parc, des copropriétés de petite taille et peu structurées : les copropriétés de moins de 11 logements ne sont inscrites qu'à 9 % au registre national des copropriétés, contre 75 % pour celles de 11 à 45 logements.

Prix au m² des transactions dans l'ancien à Cosne-Cours-sur-Loire
Prix au m² des transactions dans l'ancien à Cosne-Cours-sur-Loire © Villes Vivantes
Corrélation entre prix de vente, occupation et vacance par décile
Corrélation entre prix de vente, occupation et vacance par décile © Villes Vivantes
Localisation des logements en copropriété dans le périmètre ORT
Localisation des logements en copropriété dans le périmètre ORT © Villes Vivantes
Structuration des copropriétés selon leur taille
Structuration des copropriétés selon leur taille © Villes Vivantes

Le regard des habitants sur leur territoire

L'enquête menée auprès de 327 répondants révèle une adhésion au territoire globalement croissante avec l'âge : la part de réponses positives à la question « est-ce une chance d'habiter la CdC Cœur de Loire ? » passe de 33 % chez les 17-20 ans à des niveaux supérieurs à 50 % au-delà de 66 ans. Interrogés sur les points faibles du logement dans leur commune, les habitants de Cosne-Cours-sur-Loire citent en premier lieu l'état des façades, la vétusté et la vacance, ainsi que le manque de commerces et d'équipements. Concernant les priorités d'action pour le centre-ville, trois orientations se dégagent : embellir le centre ancien par la rénovation des façades et la lutte contre la vacance, mettre en valeur la Loire et le Nohain par des aménagements touristiques, et accueillir une population nouvelle via la baisse des loyers et la réhabilitation des logements vacants.

Part de réponses positives sur l'attractivité du territoire par tranche d'âge
Part de réponses positives sur l'attractivité du territoire par tranche d'âge © Villes Vivantes
Points faibles du logement identifiés par commune dans l'enquête habitants
Points faibles du logement identifiés par commune dans l'enquête habitants © Villes Vivantes
Priorités d'action pour le centre-ville selon les habitants interrogés
Priorités d'action pour le centre-ville selon les habitants interrogés © Villes Vivantes

Diagnostic opérationnel : espaces publics, immeubles prioritaires et dispositifs d'intervention

Sept espaces publics ont été identifiés comme prioritaires à conforter ou requalifier dans le périmètre ORT, dont la Place de la Gare, désignée comme une entrée de ville à affirmer. Une méthodologie de sélection des immeubles prioritaires a été construite à partir de quatre coefficients (exemplarité, vacance, dégradation, situation vis-à-vis de l'espace public), aboutissant à un score maximal de 54 permettant de hiérarchiser les interventions, comme illustré sur la rue du Maréchal Leclerc où deux scénarios de ravalement (incitatif ou obligatoire) sont chiffrés en nombre d'immeubles et de linéaires de façades. Le choix du dispositif contractuel s'appuie sur une comparaison entre PIG, OPAH et OPAH-RU, cette dernière offrant le niveau de prise en charge de l'ingénierie le plus élevé (50 %) pour répondre aux enjeux cumulés de dégradation et de renouvellement urbain. Une simulation sur un logement très dégradé de 90 m² montre que le reste à charge d'un propriétaire occupant très modeste peut être ramené de 80 000 € sans aide à 20 000 € en cumulant les aides OPAH et PIV. Ces choix s'inscrivent dans une comparaison avec d'autres OPAH-RU de la Nièvre, notamment celles de Nevers/Fourchambault (2015-2020, 3 000 logements, 6,3 millions d'euros) et de Luzy (2018-2023, 213 logements, 1,6 million d'euros, orientée sur les façades).

Localisation des sept espaces publics à conforter dans le périmètre ORT
Localisation des sept espaces publics à conforter dans le périmètre ORT © Villes Vivantes
Place de la Gare, une entrée de ville à requalifier
Place de la Gare, une entrée de ville à requalifier © Villes Vivantes
Extrait du tableau de notation des immeubles prioritaires
Extrait du tableau de notation des immeubles prioritaires © Villes Vivantes
Scénarios de ravalement de façades sur la rue du Maréchal Leclerc
Scénarios de ravalement de façades sur la rue du Maréchal Leclerc © Villes Vivantes
Méthode de calcul du score de priorisation des immeubles
Méthode de calcul du score de priorisation des immeubles © Villes Vivantes
Comparaison des dispositifs PIG, OPAH et OPAH-RU
Comparaison des dispositifs PIG, OPAH et OPAH-RU © Villes Vivantes
Simulation du reste à charge selon les aides mobilisées
Simulation du reste à charge selon les aides mobilisées © Villes Vivantes
Comparaison avec les OPAH-RU de Nevers/Fourchambault et de Luzy
Comparaison avec les OPAH-RU de Nevers/Fourchambault et de Luzy © Villes Vivantes