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À Coulommiers, l'étude pré-opérationnelle d'OPAH-RU dévoile un cœur de ville où logements vacants, copropriétés anciennes et loyers élevés coexistent avec un fort potentiel de transformation porté par des habitants et des propriétaires déjà mobilisés.
Coulommiers Pays de Brie Agglomération a engagé une mission d'étude pré-opérationnelle d'OPAH-RU centrée sur le cœur de ville de Coulommiers. Cette étude croise données statistiques, cartographies fines du bâti, entretiens avec des propriétaires porteurs de projets et enquête auprès des habitants afin de qualifier les enjeux de l'habitat dans le périmètre de l'Opération de Revitalisation du Territoire (ORT).
La comparaison des prix médians de l'immobilier en Île-de-France situe Coulommiers parmi les derniers territoires proposant un compromis entre coût du logement et inclusion dans la métropole francilienne. Alors que la zone dense autour de Paris affiche des prix largement supérieurs à 2 750 €/m², l'agglomération de Coulommiers se positionne dans une zone de transition, encore relativement accessible.

Le périmètre ORT concentre 2 460 logements, avec une part de locatif privé (52 %) nettement supérieure à celle observée sur l'ensemble de la commune (29 %), et une vacance qui y atteint 15 % contre 8 % à l'échelle communale. Cette suroccupation du parc locatif privé s'accompagne d'une fragmentation plus marquée du bâti : copropriétés et monopropriétés y sont sensiblement plus petites qu'en dehors du périmètre. Le poids énergétique de ce parc ancien est également notable, puisque 35 % des logements classés F et G se situent dans l'ORT, et les cartographies de logements « médiocres » et de ménages pauvres ou âgés y dessinent des poches de fragilité concentrées autour du centre historique.





Les niveaux de loyers observés à Coulommiers dépassent les plafonds de loyer social et très social pour les petites surfaces, avec un loyer moyen de 16,10 €/m² sur les logements de moins de 40 m², bien au-delà du loyer intermédiaire de référence (10,44 €/m²). Ce différentiel se réduit à mesure que la surface augmente. Par ailleurs, l'écart de prix entre logements dégradés et logements non dégradés atteint 1 380 €/m² pour le budget travaux nécessaire à retrouver la valeur d'un investissement à court terme, ce qui constitue une incitation potentielle pour les propriétaires occupants à engager des travaux de rénovation.


Le cœur de ville de Coulommiers se décompose en quatre grandes familles urbaines — ville intense, faubourg et jardin, jardins habités, ville unifiée — elles-mêmes subdivisées en typologies fines (cœur historique en lanière, immeuble de ville, maison bourgeoise, etc.). Chacune de ces typologies présente des profils différenciés en matière de statut d'occupation, de prix médian d'acquisition, de taux de vacance et de rotation des logements : le cœur historique en lanière cumule ainsi une forte vacance (21 %) et un taux de logements de moins de 60 m² élevé (78 %), tandis que les maisons bourgeoises affichent un taux de rotation plus élevé (7,69 %) et une part de logements bâtis avant 1975 quasi totale (100 %).



Les professionnels réunis lors de l'atelier du 24 mars pointent une concurrence défavorable au centre-ville face aux programmes neufs périphériques, plus attractifs pour l'investissement locatif, ainsi qu'un état des parties communes souvent vétuste qui freine la location. Ils relèvent également une tendance à la division du bâti existant, motivée par une meilleure rentabilité pour les investisseurs. Les entretiens menés avec des propriétaires porteurs de projets illustrent concrètement ces enjeux, à travers des exemples de transformation de façade et de valorisation d'espaces extérieurs peu utilisés, comme une annexe de fond de parcelle ou une parcelle arborée jugée agréable à vivre mais sous-exploitée.




L'enquête auprès des habitants révèle un sentiment globalement positif : parmi ceux qui considèrent que c'est une chance d'habiter le cœur de Coulommiers, la majorité y réside déjà, alors que les avis négatifs proviennent davantage de personnes habitant la commune mais en dehors du centre. Concernant les besoins en logements, des attentes convergentes émergent entre habitants du cœur de ville et de la périphérie, notamment sur le logement abordable, les logements anciens à réhabiliter et les appartements avec balcons ou terrasses. Du côté des propriétaires occupants, l'isolation thermique des murs, les sanitaires et la toiture arrivent en tête des besoins d'amélioration exprimés. Enfin, les habitants identifient un axe commerçant plébiscité mais jugé perfectible, avec des rues comme la rue du Marché ou la rue Madame Schmit-Batis désignées prioritaires pour des travaux d'amélioration.




Les fiches-actions élaborées dans le cadre de l'étude définissent des dispositifs d'aide précis, destinés à répondre aux enjeux identifiés. L'une vise le rétablissement d'accès indépendants aux étages d'habitation situés au-dessus des rez-de-chaussée commerciaux, avec un objectif de deux logements créés par an, sous condition de remise en usage des étages à des fins de logement. Une autre aide accompagne la création de terrasses, espaces extérieurs ou la transformation de cours en jardins, pour les propriétaires occupants, bailleurs ou copropriétés engagés dans une reconfiguration de leur bien.

