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L'agence des villes vivantes
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À Chaumont, chaque année, près de 1 700 habitants quittent la ville tandis qu'un nombre presque équivalent s'y installe, révélant un territoire en pleine recomposition résidentielle.
Cette étude pré-opérationnelle, menée en vue de la mise en place d'une OPAH-RU dans la communauté d'Agglomération de Chaumont, dresse un diagnostic croisé des dynamiques démographiques, du marché immobilier, de l'état du bâti et des attentes des habitants. Elle s'appuie sur des données INSEE, MAJIC III, DVF ainsi que sur une série d'entretiens et de relevés visuels de terrain, afin d'éclairer les leviers d'action pour la revitalisation du centre ancien.
Chaque année, 1 680 habitants quittent Chaumont tandis que 1 760 s'y installent, un renouvellement de population qui touche principalement les 25-55 ans (68% des sortants, 60% des entrants). Les entrants sont toutefois plus jeunes que les sortants (29% de moins de 25 ans contre 18%), tandis que les départs se concentrent davantage vers des communes situées en dehors du territoire, notamment en Île-de-France. Parmi les habitants qui quittent Chaumont pour s'installer dans l'agglomération, 75% choisissent une maison plutôt qu'un appartement, un signal clair d'aspiration vers l'habitat individuel.





Le renouvellement démographique s'accompagne d'un vieillissement marqué de la population : les tranches d'âge des 60-75 ans progressent de 2,2%/an, alors que les 30-60 ans, correspondant aux familles, sont en baisse continue (-0,7% à -1,3%/an). Les jeunes et jeunes actifs restent globalement stables, ce qui traduit un déséquilibre générationnel appelé à s'accentuer si aucune action n'est engagée pour attirer et retenir les familles.

Le parc de logements de Chaumont présente un déséquilibre entre l'offre existante et les besoins actuels : les petits logements (moins de 80m²) représentent 50% des logements vacants contre seulement 25% du parc occupé, avec un taux de vacance de 21% contre 7% pour le reste du parc. Cette situation illustre un décalage entre une offre ancienne peu qualitative et une demande orientée vers des logements plus grands ou mieux adaptés. Dans le centre ancien, la vacance atteint 22% des logements, contre 9% pour l'ensemble de Chaumont et 7% hors du centre, confirmant que le cœur historique concentre les difficultés du marché.


Avec environ 1 000 mutations par an, soit 4% du parc, le marché immobilier chaumontais reste actif, mais les transactions se répartissent inégalement : les propriétaires occupants (PO) et propriétaires bailleurs (PB) sont davantage présents à Chaumont même, tandis que les prix médians varient de 600 à 1 200 €/m² selon les profils d'investisseurs et la localisation. Le sud-est du territoire connaît un taux de mutation plus élevé, signe d'un marché plus fluide dans certains secteurs de l'agglomération, alors que le nord-ouest reste plus figé. La diversité des prix et des surfaces observée sur l'ensemble des transactions (de 300 à 1 900 €/m²) témoigne d'un marché segmenté, où cohabitent logements dégradés à faible valeur et biens patrimoniaux recherchés.



L'état du bâti dans le centre-ville de Chaumont montre une fragilité significative : seuls 35% des immeubles sont en bon état, tandis que 40% sont jugés médiocres et 17% dégradés ou très dégradés. Plusieurs îlots concentrent particulièrement cette dégradation, comme le hameau des Tanneries, l'îlot Sainte-Marie ou l'îlot Thiers, identifiés par une grille d'appréciation visuelle extérieure. L'exemple de l'îlot Basilique illustre concrètement cette réalité, avec des façades visiblement dégradées malgré un potentiel patrimonial certain.



L'analyse typologique du centre-ville révèle une grande diversité de cadres de vie – immeubles bourgeois, faubourgs urbains, pavillons, grands ensembles – dont la vacance varie fortement : elle atteint 40% dans les pavillons arborés et 38% dans les immeubles de ville, contre 26% dans les immeubles bourgeois. Ces mêmes typologies présentent des profils différenciés en matière de statut d'occupation, avec des taux de propriétaires bailleurs pouvant atteindre 57% dans les immeubles bourgeois, et une présence commerciale en rez-de-chaussée particulièrement forte dans les immeubles de ville (59%). Le potentiel patrimonial est également très inégal : il concerne 100% des villas de caractère et maisons de maître, contre 45% des logements avec jardinet à l'avant, ce qui oriente les priorités d'intervention selon les secteurs. La synthèse croisant vacance, statut d'occupation, loyers et dégradation par typologie constitue un outil de hiérarchisation des actions à mener, tandis que l'analyse du stationnement montre un impact variable selon les cadres de vie, sans corrélation systématique avec l'occupation des logements.







Une série de 31 entretiens auprès de porteurs de projets a permis d'identifier les motivations concrètes des habitants engagés dans une démarche de rénovation ou de transformation de leur logement. La prévention de la vacance (15 mentions), l'accueil des familles (13) et la création d'extérieurs (13) figurent parmi les motivations les plus citées, devant la performance énergétique (10) ou l'adaptation pour les vieux jours (6). Ces entretiens ont donné lieu à des projets dessinés très concrets, allant de la reconversion d'un immeuble en commerce et logements à la rénovation de façades sur l'ancien rempart, en passant par la division de grands plateaux ou l'aménagement d'extensions pour se protéger du vis-à-vis. Ces exemples illustrent la diversité des besoins exprimés par les habitants et la capacité du bâti ancien à être adapté à des usages contemporains.






