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Action Logement Services : former à la végétalisation

Villes Vivantes a conçu et animé un cycle de formation pour les équipes d’Action Logement Services. L’objectif : rendre les connaissances scientifiques et techniques accessibles, puis les traduire en repères pour instruire les dossiers et conseiller les opérateurs.

Cours, pieds de murs, façades et terrasses offrent des possibilités de plantation complémentaires. Dans un îlot dense, la place du végétal se raisonne à la fois au sol et en hauteur.
Figure 1 Cours, pieds de murs, façades et terrasses offrent des possibilités de plantation complémentaires. Dans un îlot dense, la place du végétal se raisonne à la fois au sol et en hauteur.

Action Logement Services (ALS) finance des opérations immobilières privées en milieu urbain, dans l’Hexagone comme dans les territoires ultramarins. Toitures et façades végétalisées, cœurs d’îlots désimperméabilisés, plantations d’arbres ou jardins partagés occupent une place croissante dans les demandes de subvention.

Les équipes chargées de ces dossiers doivent pouvoir apprécier la qualité des aménagements proposés, repérer un dimensionnement insuffisant ou un entretien mal anticipé. Elles doivent aussi disposer des arguments pour inciter les opérateurs à améliorer leurs projets. La mission répond à ce besoin par une formation adaptée à des professionnels qui ne sont ni paysagistes ni écologues.

Rendre les connaissances utilisables

Transmettre un champ de connaissances aussi vaste sur un temps court exige un travail de sélection et d’explication. Villes Vivantes a construit les supports à partir de la recherche scientifique et de l’expérience du jardinage urbain. Chaque notion devait éclairer une question que les équipes rencontrent dans l’instruction d’un dossier.

Les publications scientifiques servent à préciser les bénéfices du végétal, leurs limites et leurs conditions d’obtention. La formation mobilise notamment une méta-analyse de plus d’une centaine d’études sur le rafraîchissement par les canopées urbaines, ainsi que des travaux sur les liens entre accès à un jardin et santé des habitants.

L’ombre du bâti dépend de la hauteur des bâtiments, de la largeur et de l’orientation des rues, ainsi que de la course du soleil. Repérer les espaces ombragés et ceux qui restent exposés permet de préciser où la végétation peut compléter cette protection.
Figure 2 L’ombre du bâti dépend de la hauteur des bâtiments, de la largeur et de l’orientation des rues, ainsi que de la course du soleil. Repérer les espaces ombragés et ceux qui restent exposés permet de préciser où la végétation peut compléter cette protection.

Les schémas, les photographies et les comparaisons permettent de discuter ces résultats sans exiger la maîtrise du vocabulaire scientifique. Sur le confort thermique, il s’agit notamment de distinguer température de l’air et protection solaire, puis de replacer la végétalisation dans la configuration du site. Le chiffre devient un repère à interpréter, avec ses conditions de validité.

Les retours d’expérience relient ces connaissances aux situations de projet : végétalisation citoyenne d’une rue de Montpellier, plantations dans de petits espaces, contraintes propres aux territoires ultramarins. Les pluies tropicales et, dans les territoires concernés, les cyclones conduisent à examiner d’autres choix techniques et d’autres conditions d’entretien.

Le bâti et le végétal face à la chaleur

Le bâti organise l’ombre et la circulation de l’air. Les plantations complètent la protection solaire à l’échelle des cours et des façades. Leur implantation doit tenir compte des possibilités de ventilation.
Figure 3 Le bâti organise l’ombre et la circulation de l’air. Les plantations complètent la protection solaire à l’échelle des cours et des façades. Leur implantation doit tenir compte des possibilités de ventilation.
Deux situations schématiques de plantation : un espace minéral très exposé et une rue ombragée par les façades. Le choix des essences et leur implantation doivent intégrer ces différences d’exposition, ainsi que les besoins en eau.
Figure 4 Deux situations schématiques de plantation : un espace minéral très exposé et une rue ombragée par les façades. Le choix des essences et leur implantation doivent intégrer ces différences d’exposition, ainsi que les besoins en eau.

Apprendre à analyser un projet

Le cycle « Les enjeux et fonctions de la végétalisation des opérations immobilières » s’est organisé en quatre ateliers. Le premier a posé les bases : enjeux, réglementation, solutions techniques, facteur humain, coûts et bénéfices. Les trois suivants ont approfondi la gestion des eaux pluviales à la source, le confort thermique et la biodiversité urbaine.

Herbacées, arbustes, arbre et grimpantes occupent différents étages d’un même jardin. Leur association doit tenir compte du développement des plantes à maturité, de la lumière et du volume de sol disponible.
Figure 5 Herbacées, arbustes, arbre et grimpantes occupent différents étages d’un même jardin. Leur association doit tenir compte du développement des plantes à maturité, de la lumière et du volume de sol disponible.
Une clôture continue peut isoler des jardins pourtant végétalisés. Des ouvertures au ras du sol permettent aux hérissons de circuler entre les parcelles pour se nourrir et trouver refuge.
Figure 6 Une clôture continue peut isoler des jardins pourtant végétalisés. Des ouvertures au ras du sol permettent aux hérissons de circuler entre les parcelles pour se nourrir et trouver refuge.

Les cas pratiques ont placé les participants en situation d’évaluateur : lecture critique de sites réels et analyse chiffrée de choix d’aménagement, dont le coût d’entretien d’une pelouse sur vingt ans. Une évaluation continue des acquis a permis de vérifier l’appropriation des notions et d’ajuster les sessions.

Une journée d’étude à Épinal a prolongé ce travail sur le terrain, avec un approfondissement des enjeux et des méthodes de gestion des eaux de pluie.

Végétaliser les murs

Les grimpantes déploient ici leur feuillage sur plusieurs étages. L’état du mur, le mode d’accrochage et l’accès pour l’entretien conditionnent le choix des espèces et du support. Les ouvertures doivent rester dégagées.
Figure 7 Les grimpantes déploient ici leur feuillage sur plusieurs étages. L’état du mur, le mode d’accrochage et l’accès pour l’entretien conditionnent le choix des espèces et du support. Les ouvertures doivent rester dégagées.
Sur ce pignon, les branches du poirier dessinent des lignes horizontales. L’arbre habille la façade et produit des poires ; ses fleurs nourrissent les insectes pollinisateurs.
Figure 8 Sur ce pignon, les branches du poirier dessinent des lignes horizontales. L’arbre habille la façade et produit des poires ; ses fleurs nourrissent les insectes pollinisateurs.

Prolonger la formation dans les dossiers

Quatre cahiers techniques, un par atelier, permettent aux équipes de retrouver les connaissances utiles après les sessions. Ils réunissent les notions clés, le cadre réglementaire, les solutions adaptées et les situations où leur mise en œuvre est déconseillée. Ils précisent aussi les points de vigilance, les ordres de grandeur des coûts et les arguments à mobiliser auprès des opérateurs.

Chaque cahier se termine par une grille d’analyse. Elle guide l’examen de la conformité réglementaire, de la pertinence technique et de la viabilité économique du projet. Elle invite également à regarder la place des usagers, l’organisation de l’entretien et les bénéfices attendus. Ces grilles structurent le dialogue avec les porteurs de projet et permettent de préciser les améliorations à demander.

Conduits contre les murs, ces agrumes associent bâti et végétal jusque dans une cour étroite. Ils embellissent les lieux, produisent des fruits et offrent des ressources aux insectes pollinisateurs lors de leur floraison.
Figure 9 Conduits contre les murs, ces agrumes associent bâti et végétal jusque dans une cour étroite. Ils embellissent les lieux, produisent des fruits et offrent des ressources aux insectes pollinisateurs lors de leur floraison.

Villes Vivantes a également élaboré un guide destiné aux investisseurs, décliné pour l’Hexagone et pour les départements et régions d’outre-mer (DROM). Il présente les principes d’une végétalisation réussie, adaptée au contexte climatique, afin d’orienter les choix des porteurs de projet avant le dépôt des dossiers.

La mission donne ainsi aux équipes d’ALS un socle commun de connaissances et une méthode pour apprécier les projets. Les outils remis prolongent la formation dans les échanges avec les opérateurs : ils aident à formuler des exigences compréhensibles, à examiner leur faisabilité et à anticiper la gestion des espaces plantés.

Visuels extraits des supports de formation.