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À Vichy, un parc ancien à 88 % antérieur à 1974 et 21 % de logements « passoires thermiques » ont mis à l'épreuve cinq années de dispositifs d'aide à la rénovation, dont l'évaluation dessine désormais la feuille de route 2025-2030.
Vichy Communauté a confié à Villes Vivantes l'évaluation de son Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat (OPAH) et de son volet renouvellement urbain (OPAH-RU) menés entre 2020 et 2024, avec pour objectif d'élaborer un Pacte Territorial relatif à l'animation d'un service public de la rénovation de l'habitat (SPRH). L'étude combine bilan quantitatif des dossiers Anah, enquête auprès des bénéficiaires et cartographie fine du bâti pour éclairer les choix stratégiques des futurs dispositifs habitat.
Les aides de l'Anah aux propriétaires occupants ont connu des évolutions substantielles en 2024, avec des plafonds de travaux et des taux de subvention revus à la hausse pour MaPrimeAdapt', MaPrimeRénov' et Ma Prime Logement Décent. Ce contexte s'inscrit dans un territoire où 29 % des propriétaires occupants ont plus de 70 ans, où 63 % des immeubles de l'agglomération (88 % à Vichy) datent d'avant 1974, et où 7 à 8 % du parc de logements reste vacant depuis plus de deux ans nécessitant des travaux de rénovation.

L'évolution des agréments Anah entre 2020 et 2024 montre une chute brutale des logements locatifs conventionnés avec travaux depuis la mise en place de Loc'Avantages en 2022, tandis que les dossiers de propriétaires occupants autonomie semblent désormais seuls à alimenter ce flux. Sur l'ensemble de la période, 620 logements ont été agréés dans la Communauté d'Agglomération Vichy Communauté (CAVC), pour un objectif de 760 logements de propriétaires occupants en cinq ans, tandis que 192 dossiers de ravalement de façade ont été agréés à Vichy, atteignant 90 % de l'objectif fixé.



L'enquête menée auprès des porteurs de projet révèle que les aides perçues dans le cadre de l'OPAH correspondent ou sont supérieures aux attentes pour près de 80 % des répondants, alors que ce taux tombe à 57 % pour l'OPAH-RU où 42,9 % des répondants jugent les aides moindres qu'attendu. Les montants déclarés varient fortement selon la nature des travaux : les opérations d'adaptation à la perte d'autonomie affichent un reste à charge moyen de 1 800 €, contre 9 500 € pour la rénovation énergétique et jusqu'à 50 000 € pour les travaux lourds, financés notamment par l'épargne personnelle, les prêts travaux voire la vente d'un autre bien.


Le montant moyen des travaux de rénovation énergétique a augmenté de 50 % depuis 2020, passant de 20 200 € à 29 500 € TTC, tandis que les subventions moyennes ont suivi cette tendance jusqu'en 2022 avant de décrocher en 2023. Malgré cette hausse des coûts, plus de 90 % des répondants déclarent que leurs factures d'énergie ont baissé ou sont restées stables suite aux travaux, ce qui traduit une efficacité réelle des rénovations engagées malgré un reste à charge croissant pour les ménages.


La cartographie du bâti confirme l'ancienneté du parc vichyssois : 71 % des bâtiments datent d'avant 1944 et 88 % d'avant 1974, avec une forte concentration de logements classés F ou G en centre-ville. À l'échelle de l'agglomération, 25 714 propriétaires occupants sont recensés, dont 7 458 ont plus de 70 ans ; le territoire compte par ailleurs 7 110 logements vacants (13 % du parc), dont 3 612 vacants depuis plus de deux ans, cette vacance étant particulièrement marquée à Vichy même avec 3 927 logements vacants représentant 17 % du parc communal.





L'étude identifie des situations de mal logement localisées, avec 42 adresses recensées dont 21 situées hors des périmètres actuels de l'OPAH-RU ou du permis de louer, interrogeant la pertinence des zonages existants. Pour la période 2025-2030, la stratégie proposée articule trois échelles d'intervention complémentaires : un dispositif large et incitatif à l'échelle de l'EPCI, un volet renforcé combinant incitation et coercition sur les centralités de Vichy et Cusset, et des aides locales spécifiques dans le cadre des dispositifs ORT, PVD et RCVCB sur les autres communes. Cette architecture territoriale s'accompagne d'une refonte des champs d'intervention entre la Maison de l'Habitat de Vichy Communauté et l'Anah, appelée à couvrir un accompagnement élargi à tous les propriétaires et bailleurs, quels que soient leurs revenus, sur l'ensemble des travaux éligibles.



