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À Hyères, cinq années d'OPAH-RU se soldent par des objectifs globalement dépassés, mais des marges de progrès nettes sur les copropriétés et les délais d'instruction.
L'Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat de Renouvellement Urbain (OPAH-RU) « Hyères Cœurs de ville » a été mise en œuvre entre 2019 et 2024. Présentée lors du comité de pilotage du 30 janvier 2025, cette évaluation dresse le bilan quantitatif du dispositif, croisant les résultats obtenus avec les objectifs initiaux, et interroge la qualité du service rendu aux porteurs de projets.
Les résultats de l'OPAH-RU font apparaître un net dépassement des objectifs lorsque l'ensemble des dossiers (aides locales de la MTPM comprises) est pris en compte : 157 % pour les propriétaires occupants, 164 % pour les propriétaires bailleurs et 149 % pour les travaux sur parties communes. Ce sur-résultat s'explique par la mobilisation des aides locales, qui viennent compléter le dispositif Anah et démultiplient le nombre de dossiers agréés.
Sur le périmètre des seuls dossiers Anah, le constat est plus contrasté : les propriétaires occupants atteignent 73 % de l'objectif, un résultat jugé encourageant, tandis que les propriétaires bailleurs (39 %) et les copropriétés (40 %, sur les deux financements confondus) restent en retrait par rapport aux cibles fixées.

L'analyse par type de loyer conventionné révèle un déséquilibre entre les logements mis sur le marché à loyer libre et ceux relevant du parc conventionné. Le loyer libre dépasse ainsi 46 réalisations pour un objectif de 130, restant loin de la cible, tandis que le locatif conventionné très social (5 sur 15) et surtout intermédiaire (2 sur 20) n'atteignent qu'une faible part de leurs objectifs respectifs. Seul le locatif conventionné social affiche un résultat proportionnellement plus favorable (32 sur 65), confirmant l'attractivité de ce type d'aide pour les propriétaires.
Ce constat suggère que le dispositif, tel que configuré, favorise davantage la remise sur le marché de logements vacants en loyer libre que la production de logements à loyers maîtrisés, en particulier intermédiaires, qui restent les moins bien servis par les aides actuelles.

L'enquête menée auprès des porteurs de projets met en évidence des délais d'instruction significatifs : sur les dossiers étudiés, la majorité des réponses signale plus de 6 mois entre le dépôt du dossier complet et l'obtention de l'agrément, un constat qui se répète pour le délai entre l'achèvement des travaux et le versement des subventions. Ces délais, ressentis comme longs par les bénéficiaires, appellent des actions correctives identifiées par l'évaluation : amélioration de l'information en amont, ajustements des processus internes (format des dossiers, pièces justificatives, formation des agents) et mise en place d'outils comme les caisses d'avances ou un dispositif de suivi renforcé.
