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Quatre bourgs-centres du Forez Est - Feurs, Chazelles-sur-Lyon, Panissières et Balbigny - engagent une étude pré-opérationnelle pour bâtir une OPAH multisites adaptée à leurs réalités contrastées.
La Communauté de communes Forez Est a lancé une étude pré-opérationnelle en vue de la mise en place d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat (OPAH) multisites. Cette démarche porte sur quatre communes aux profils différenciés - Feurs, Chazelles-sur-Lyon, Panissières et Balbigny - et vise à qualifier l'état du parc de logements, les dynamiques démographiques et les attentes des habitants afin de définir des objectifs et des outils d'intervention adaptés à chaque territoire.
Le territoire de Forez Est présente des disparités marquées, directement liées à l'accessibilité routière. Les prix de l'immobilier et la concentration de l'emploi sont significativement plus élevés à l'Ouest et au Sud, secteurs bénéficiant de la desserte par l'A89 et de la proximité avec Saint-Étienne Métropole, tandis que le Nord et le Nord-Est du territoire apparaissent moins attractifs. Cette hiérarchie spatiale se traduit concrètement dans les trajectoires démographiques de Balbigny et Panissières, deux communes qui perdent des habitants avec un solde migratoire devenu négatif à Balbigny, révélateur d'un essoufflement de l'attractivité résidentielle, et un solde migratoire ne compensant plus le déficit naturel à Panissières, signe d'une moindre capacité à retenir ou attirer les actifs.
Ce contexte démographique s'accompagne d'un vieillissement de la population, perceptible à Feurs comme à Chazelles-sur-Lyon à travers la progression de la part des ménages seniors dans les tranches d'âge les plus élevées, à l'exception notable de Chazelles-sur-Lyon où cette tendance ne se retrouve pas dans les mêmes proportions.



À Feurs, la structure du parc de logements se distingue de la moyenne intercommunale par une part de locataires plus importante (29,9 % contre 24,4 % à l'échelle de Forez Est) et un taux de logements sociaux plus élevé (13,1 % contre 9 %), tandis que la vacance reste proche de la moyenne. Cette répartition s'accompagne d'une localisation spatiale des statuts d'occupation qui distingue le centre-ville, où se concentrent locataires et logements vacants, des secteurs périphériques davantage occupés par des propriétaires.
À Panissières, la vacance des logements atteint un niveau élevé, avec 15,7 % de logements vacants sur l'ensemble de la commune, une proportion qui grimpe à 23 % en centre-ville. Une part significative de cette vacance est structurelle : plus de la moitié des logements vacants en centre-ville le sont depuis plus de deux ans, et plus du tiers depuis plus de cinq ans, ce qui témoigne de difficultés durables à remettre ces biens sur le marché.


Les relevés de terrain réalisés dans les centres-villes de Feurs et Panissières mettent en évidence une dégradation significative du bâti ancien. À Feurs, sur 1271 logements recensés en centre-ville, 3,6 % se trouvent dans des immeubles très dégradés ou dégradés ; à Panissières, cette proportion atteint 9,8 % sur 604 logements, avec une part notable de logements vacants (35 %) parmi les immeubles dégradés. Ces constats convergent avec le diagnostic global du territoire, qui recense 32 immeubles dégradés dont 9 très dégradés, concentrés dans le secteur ORT (opération de revitalisation du territoire).
Ces éléments justifient la définition, à Panissières, d'un périmètre façades ciblant les immeubles stratégiques sans perspective d'évolution spontanée, illustré par l'exemple du 52 rue de la République, un immeuble emblématique du besoin d'intervention publique renforcée.



La cartographie des cadres de vie à Feurs révèle une grande variété de formes urbaines, des immeubles modernes (1650 logements) et des lotissements (743 logements) aux typologies plus anciennes comme le diffus ancien (307 logements) ou les maisons de ville et de faubourg (190 logements). Cette diversité typologique traduit une urbanisation étalée dans le temps, où se côtoient centre-ville dense et extensions pavillonnaires périphériques, chacune posant des enjeux différenciés de rénovation et d'adaptation.

Les enquêtes menées auprès des élus et des habitants des quatre communes identifient des besoins récurrents en matière de logements. Le manque de logements peu coûteux en énergie arrive en tête à Balbigny (36 %), Chazelles-sur-Lyon (57 %) et Panissières (43 %), tandis qu'à Feurs, c'est le logement abordable qui est le plus cité (44 %). Les logements adaptés pour les seniors et le logement abordable figurent également parmi les priorités partagées par plusieurs communes, confirmant les enjeux de vieillissement et de pouvoir d'achat déjà identifiés dans les données démographiques.

La définition des objectifs globaux de l'OPAH s'appuie sur quatre hypothèses de scénarios, discutées en comité de pilotage, qui déclinent des taux d'activation et des objectifs de logements à cinq ans pour chacune des quatre communes du périmètre ORT. Ces objectifs portent notamment sur les propriétaires occupants à ambition forte (998 logements au total) et le locatif à ambition forte (2293 logements au total), avec des répartitions variables selon les communes - Feurs et Panissières concentrant les volumes les plus importants.
L'homologation d'une OPAH-RU (Renouvellement Urbain) implique des moyens renforcés, notamment un plan façades avec périmètre obligatoire de ravalement, des études de calibrage ORI (Opération de Restauration Immobilière) et RHI-THIRORI, ainsi qu'un accompagnement des procédures de police du maire (état d'abandon manifeste, biens vacants sans occupant, périls). Ces outils se déclinent en propositions de stratégie de ravalement de façades différenciées selon les communes : Feurs cible 175 façades, Chazelles-sur-Lyon 289, Panissières 220 et Balbigny 146, chaque secteur étant hiérarchisé selon des critères d'obligation ou d'incitation renforcée. L'ensemble de ces leviers s'articule enfin autour de sept champs d'action structurés - de la rénovation énergétique à la sobriété foncière - combinant aides aux travaux, ingénierie d'accompagnement et outils contractuels comme le pacte territorial ou l'OPAH-RU elle-même.


