Lorem ipsum
Sur les 40 communes de Cœur de Savoie, un habitant sur quatre a plus de 60 ans et 1 060 logements restent vacants, deux réalités qui structurent l'étude pré-opérationnelle présentée en COTECH le 4 mai 2021.
Cœur de Savoie, communauté de communes organisée autour de Montmélian et de la vallée de l'Isère, a engagé une étude pré-opérationnelle en vue d'une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat. Le diagnostic mobilise des données INSEE et MAJIC pour caractériser les mobilités des actifs, les dynamiques démographiques, le marché immobilier, la vacance et les modes de production du logement à l'échelle communale et infra-communale.
Les actifs de Cœur de Savoie travaillent majoritairement hors de leur commune de résidence : seuls 22 % (3 320 actifs) exercent leur activité dans leur commune, tandis que 58 % (8 960 actifs) travaillent en dehors de la communauté de communes. Chambéry concentre à elle seule 17 % des actifs sortants (2 600 personnes), loin devant Ravoire, Pontcharra, Albertville, Grenoble ou Francin, qui captent chacun entre 2 et 3 % des flux. Cette polarisation des déplacements domicile-travail vers l'agglomération chambérienne traduit une dépendance fonctionnelle qui pèse sur les choix résidentiels et les besoins en logement à l'échelle du territoire.

L'évolution du nombre de couples avec enfants reste positive à l'échelle de Cœur de Savoie (+40 couples par an, soit +0,8 %/an), un rythme proche de celui observé sur Grand Chambéry (+100 couples par an, +0,7 %/an), mais cette progression masque des situations communales très hétérogènes, certaines communes affichant une évolution négative de leurs ménages avec enfants. Parallèlement, le vieillissement de la population en place s'accentue : 25 % des habitants ont plus de 60 ans (9 070 personnes), avec des parts locales atteignant 27 % à Myans et à Chignin, 24 % à Montmélian et 23 % à Porte-de-Savoie. Cette structure démographique combine un renouvellement générationnel encore actif dans certains secteurs et un besoin croissant d'adaptation des logements existants ailleurs.


Le diagnostic identifie 1 100 ménages pauvres sur le territoire, soit 7 % des ménages, un taux inférieur à la moyenne nationale (15 % en 2018), mais concentré dans certains secteurs identifiés sur la carte, notamment autour de Saint-Pierre-d'Albigny et de la Chapelle-Blanche. Sur le marché de l'habitat, la moitié des transactions (50 %, soit 295 par an) correspond à l'achat d'une résidence principale à 2 100 €/m², tandis que les résidences secondaires représentent 18 % des ventes (100 par an) à un prix proche (2 020 €/m²). Les investissements locatifs (16 %, 90/an) se négocient à un prix inférieur (1 600 €/m²), signe d'un marché où les logements pauvres coexistent avec une pression sur les prix de l'accession et de la résidence secondaire.


Le taux de vacance atteint 8 % à l'échelle de Cœur de Savoie, soit 1 060 logements vacants, mais ce phénomène n'est pas uniformément réparti : il se concentre dans certains quartiers des centralités, avec des taux atteignant 15 % à Betton-Bettonet, 13 % à La Trinité, ou encore 10 % à Cruet et à Chamoux. Cette localisation dans les cœurs de bourgs anciens pointe vers un enjeu de remobilisation du parc existant, complémentaire à la production neuve, pour répondre aux besoins en logement sans étendre davantage l'urbanisation.

La production de logements sur la période 2015-2018 se répartit entre six modes distincts, du diffus (26 %, 60 logements par an, 82 % en propriété occupante) à la promotion en appartements de plus de 20 logements (19 %, 45/an, 62 % PO), en passant par les lotissements (12 %, 30/an) et les maisons groupées de type MIG (6 %, 15/an, 61 % de logement locatif social). Cette diversité des formes urbaines s'accompagne d'une diversité des statuts d'occupation : le logement locatif social atteint 42 % dans la petite promotion mais reste quasi absent du diffus (0 %). La cartographie de ces modes de production montre leur répartition différenciée sur le territoire, entre secteurs de diffus en périphérie et opérations de promotion concentrées autour de Montmélian.


Issue des entretiens habitants menés par le Syndicat Mixte de l'Avant Pays Savoyard en novembre 2019, une illustration présente une opération de détachement parcellaire à Pont de Beauvoisin : une parcelle initiale de 935 m² conservant la maison actuelle (120 m²) peut être scindée pour permettre la vente d'un terrain de 1 065 m², avec création d'un nouvel accès indépendant et d'un carport implanté en limite séparative. Ce type de montage, fondé sur la division de grandes parcelles en tissu pavillonnaire existant, illustre un levier concret pour mobiliser le foncier disponible sans consommation d'espace supplémentaire.

Le parc de logements de Cœur de Savoie est décrit à travers douze typologies, de l'immeuble de ville (409 logements, prix médian 59 260 €) au lotissement (165 logements, 242 000 €), en passant par l'esprit village, le hameau dense, le collectif récent ou les grands ensembles. Ces typologies se distinguent nettement par leurs statuts d'occupation et leurs prix : les formes de la ville ancienne affichent des prix médians plus bas (59 260 € à 140 000 €) que celles de la ville nouvelle, où l'habitat individuel groupé et les lotissements dépassent 200 000 €. Ces catégories se différencient également par leur dynamique de gestion : le collectif récent combine un taux de rotation faible (2,56 %) et une forte part de copropriété (82 %), tandis que l'immeuble de ville cumule vacance élevée (19 %) et part importante de petits logements de moins de 60 m² (47 %), signe d'un parc ancien à la fois attractif par les prix et fragilisé par la vacance.

