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Quatre bourgs-centres du Cauvaldor, quatre profils économiques, un même défi : enrayer la vacance et repenser l'habitat.
Cauvaldor, communauté de communes Causses et Vallée de la Dordogne, a engagé une étude stratégique globale et mutualisée portant sur quatre bourgs-centres du territoire : Biars-sur-Cère, Martel, Sousceyrac-en-Quercy et Payrac. Cette démarche, conduite avec le soutien de la Région Occitanie et de la Banque des Territoires, vise à identifier les leviers de développement et de valorisation propres à chaque commune, à partir d'un diagnostic partagé et d'une concertation avec les habitants.
L'étude s'est appuyée sur des ateliers participatifs et des passages en marché organisés dans les quatre communes durant l'été 2019 (18 et 22 juin à Martel, 25 juin et 7 juillet à Sousceyrac-en-Quercy). Ces temps d'échange ont permis de recueillir directement les perceptions des habitants sur leur cadre de vie, à l'aide de supports cartographiques annotés in situ.
Les habitants ont été invités à pointer sur des photographies aériennes leurs endroits préférés et les lieux nécessitant des améliorations, faisant émerger une géographie sensible de chaque bourg, en complément des données statistiques.





À l'échelle de Cauvaldor (45 390 habitants, -0,4 %/an entre 2011 et 2016), les quatre bourgs présentent des dynamiques contrastées : Biars-sur-Cère se distingue par une croissance démographique nette (+37 hab/an, soit +1,9 %/an) et un ratio de 1,23 emploi par habitant, signe d'une économie productive et industrielle qui attire des actifs venus des communes voisines. À l'inverse, Martel, Sousceyrac-en-Quercy et Payrac perdent des habitants et affichent des ratios emplois/habitants nettement plus faibles (respectivement 0,58, 0,29 et 0,22).
Cette hiérarchie se retrouve dans les profils économiques : Martel bénéficie d'une économie présentielle dynamisée par le tourisme et l'attractivité vers des ménages aisés (revenu médian de 20 130 €), Payrac fonctionne comme un village-rue connecté aux flux touristiques sans en être la destination, Sousceyrac-en-Quercy repose sur une économie présentielle de bourg rural tenue par l'administration publique, tandis que Biars-sur-Cère concentre l'essentiel de l'emploi industriel du secteur. Les quatre communes connaissent cependant une baisse de l'emploi entre 2011 et 2016, particulièrement marquée à Payrac (-2,6 %/an).


L'analyse typologique des logements révèle des compositions urbaines différenciées selon les communes. À Martel, le tissu médiéval ne représente que 17 % des logements (204), l'esprit village 25 %, le pavillonnaire diffus 27 % et l'habitat dans la nature 28 %. Payrac et Sousceyrac-en-Quercy sont davantage structurées par l'esprit village (respectivement 41 % et 44 % des logements), alors que Biars-sur-Cère se caractérise par un poids important du lotissement (28 %) et du pavillonnaire diffus (39 %), reflet de son développement plus récent lié à l'activité industrielle.
Cette répartition par tissu conditionne les enjeux d'habitat propres à chaque commune, notamment pour cibler les actions de réhabilitation ou de construction neuve selon les secteurs.


Le diagnostic met en évidence une vacance significative dans les centres anciens, en particulier à Sousceyrac-en-Quercy (15 %) et dans le tissu médiéval de Martel, où 19 % des logements du secteur ancien sont vacants — un phénomène identifié comme porteur d'un risque de dégradation pour les tissus à potentiel touristique. Cette vacance s'accompagne d'une faible dynamique de construction neuve (de 0,2 %/an à Sousceyrac-en-Quercy à 0,6 %/an à Martel) et de prix au m² contrastés, allant de 830 €/m² à Sousceyrac-en-Quercy à 1 530 €/m² à Martel.
À Martel, la synthèse des enjeux pour l'habitat identifie trois priorités : traiter la vacance qui menace l'atout patrimonial du tissu médiéval et de l'esprit village (40 logements vacants dans chacun, soit 20 % et 13 %), soutenir la production de locatifs de qualité (200 locatifs privés potentiellement de piètre qualité), et adapter le parc au vieillissement de la population, alors que 250 propriétaires occupants ont plus de 65 ans (65 %) et que 530 ménages comptent deux personnes ou moins.


À Martel, la cartographie des usages met en lumière une déconnexion entre l'activité commerciale et les équipements publics, ces deux fonctions étant réparties dans des secteurs distincts du bourg. Cette organisation spatiale, associée à la présence de locaux vacants au cœur du tissu commercial, questionne la cohérence du parcours piéton et l'attractivité du centre pour les habitants comme pour les visiteurs.

Biars-sur-Cère se distingue par un rôle de pôle d'emploi à l'échelle locale, avec 2 100 arrivées quotidiennes d'actifs contre 340 départs, en provenance de communes voisines comme Puybrun (160 actifs), Gagnac (120), Bretenoux (120) ou Saint-Céré (120). Cette attractivité économique s'accompagne de plusieurs projets d'aménagement identifiés à l'échelle de la commune : la construction d'un nouveau collège en 2022 dans le quartier des Soupette pose la question de la reconversion du foncier libéré, tandis que le traitement du parking en entrée de ville et la valorisation d'un cheminement reliant les deux communes figurent parmi les pistes d'intervention.
La commune est également traversée par deux séquences fonctionnelles distinctes le long de la rue de République : une séquence commerce-industrie, pour laquelle l'enjeu est de créer une identité industrielle et de traiter le paysage de la voirie, et une séquence commerce-habitat, où il s'agit de traiter les dents creuses, de densifier et de monter en gamme les activités et commerces.


